Communiqué de presse

La résolution de l’ONU sur le Yémen

C’est un jour sombre qui a vu le Conseil des droits de l’homme de l’ONU s’abstenir d’ouvrir une enquête internationale sur les violations du droit international humanitaire et du droit relatif aux droits humains commises dans le cadre du conflit au Yémen, a déclaré Amnesty International.

Le Conseil a adopté le 2 octobre une résolution, déposée par l’Arabie saoudite au nom des États arabes impliqués dans le conflit et du gouvernement yéménite d’Abd Rabbu Mansour Hadi, qui ne prévoit pas la création d’un mécanisme international chargé d’enquêter sur les violations perpétrées par toutes les parties belligérantes.

« Cette résolution reflète l’incapacité du Conseil à s’acquitter de sa responsabilité de garantir la justice et l’obligation de rendre des comptes, et revient à dire que la communauté internationale n’est pas déterminée à mettre un terme à la souffrance des civils au Yémen », a déclaré James Lynch, directeur adjoint du programme Afrique du Nord et Moyen-Orient d’Amnesty International.

« Elle a été déposée par l’Arabie saoudite, qui dirige la coalition militaire elle-même responsable de graves violations du droit international au Yémen, des éléments pointant de possibles crimes de guerre. »

La résolution ne fait pas mention de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite et ne mentionne pas expressément l’offensive militaire menée par la coalition au Yémen. Elle demande au Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme d’apporter son assistance à la commission nationale d’enquête mise sur pied par le gouvernement du Yémen reconnu par la communauté internationale, que soutient l’Arabie saoudite.

« Le gouvernement du Yémen n’a pas mené d’enquêtes crédibles sur les allégations d’atrocités commises par toutes les parties au conflit. En outre, il ne contrôle qu’une partie limitée du pays », a déclaré James Lynch.

« Le seul moyen de faire éclater la vérité consiste à mener une enquête internationale efficace et indépendante. »

Les Pays-Bas avaient avancé une proposition de résolution demandant au Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme de mener une enquête internationale indépendante. N’ayant pas recueilli un soutien suffisant, ils ont retiré leur projet le 30 septembre.

Les autorités yéménites n’ont pas mené d’enquêtes approfondies et indépendantes sur les violations des droits humains commises par le passé, notamment dans le cadre des manifestations antigouvernementales en 2011.

« Hélas, ces manquements passés augurent mal de leur capacité à amener les responsables présumés à rendre des comptes, à accorder des réparations adéquates aux victimes et à leur famille, et à faire en sorte que les forces de sécurité respectent les normes internationales en matière de droits humains  », a déclaré James Lynch.

« Depuis que le conflit a éclaté, un climat d’impunité règne : les violations du droit international humanitaire et les violations flagrantes des droits humains demeurent impunies. Il est crucial que l’impunité fasse place à l’obligation de rendre des comptes pour éviter que ces crimes ne se généralisent et ne s’enracinent. »

Plus de 2 300 civils, dont 400 enfants, ont été tués pendant le conflit. Amnesty International a recensé des atteintes aux droits humains pouvant constituer des crimes de guerre commises par tous les belligérants, y compris par les Houthis et les groupes armés anti-Houthis. La coalition dirigée par l’Arabie saoudite, et soutenue par les États-Unis et le Royaume-Uni, est responsable de la vaste majorité des victimes civiles.

Les forces de la coalition ont également utilisé des armes à sous-munitions interdites, qui sont non discriminantes par nature, dont on a découvert qu’elles ont été produites ou conçues aux États-Unis. La crise humanitaire s’intensifie dans l’ensemble du Yémen, et près de 1,5 million de personnes ont dû quitter leur foyer.

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