Le gouvernement serbe doit prendre clairement position contre l’exclusion et l’intolérance

DÉCLARATION PUBLIQUE

27 septembre 2010

ÉFAI - Index AI : EUR 70/014/2010

Les autorités serbes doivent prendre les mesures qui s’imposent pour que la Belgrade Pride, la Gay Pride serbe, puisse cette année se dérouler sans encombre, cette manifestation n’ayant pu avoir lieu depuis près de 10 ans, a déclaré Amnesty International ce lundi 27 septembre 2010.

Le 10 octobre, accompagnés de proches, d’amis et de sympathisants d’autres organisations, dont Amnesty International, des militants d’organisations serbes de défense des droits des lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres (LGBT) vont défiler dans le centre de Belgrade.

Amnesty International craint que les mouvements d’extrême droite ne multiplient les déclarations menaçantes à l’approche de cet événement. Selon les informations recueillies par l’organisation, des défenseurs des droits des homosexuels ont déjà fait l’objet de tentatives d’intimidation.

Aux termes du droit international et de la législation en vigueur en Serbie, les autorités de ce pays sont tenues de faire respecter les droits aux libertés de réunion, d’expression et d’association des lesbiennes, des gays et des personnes bisexuelles et transgenres et de ceux qui les soutiennent.

Les autorités serbes doivent mener sans délai des investigations efficaces sur les menaces brandies en vue de priver les LGBT de leurs droits et assimilables à une incitation à la discrimination, à l’hostilité ou à la violence envers les organisateurs et les participants de la Belgrade Pride.

Elles sont tenues de garantir la sécurité de ces personnes en assurant leur protection. La police a pour devoir d’évaluer la dangerosité potentielle des contre-manifestants. Des mesures de sécurité efficaces doivent être adoptées pour protéger les participants. Des effectifs de police suffisants doivent notamment être postés le long du parcours du défilé et aux environs.

Depuis 2001, les LGBT de Serbie n’ont pas pu organiser de Gay Pride en raison des graves menaces formulées à leur encontre par des mouvements d’extrême droite et des organisations religieuses.

En 2001, lors de la première édition de la Belgrade Pride, la police avait eu du mal à assurer la sécurité du cortège, et des contre-manifestants avaient menacé et agressé des participants.

En 2009, la Belgrade Pride aurait dû avoir lieu au mois de septembre mais elle a été annulée, les autorités ayant refusé au dernier moment, face aux menaces de groupes d’extrême droite, d’assumer la responsabilité de la protection des participants le long du trajet prévu, qui passait par le centre de la capitale.

Bien qu’elles y soient tenues en vertu du droit serbe, les autorités n’ont pas déféré à la justice ceux qui auraient menacé les organisateurs et participants de la Belgrade Pride 2009.

La Loi contre la discrimination protège explicitement les droits aux libertés de réunion, d’expression et d’association des lesbiennes, des gays et des personnes bisexuelles et transgenres. Les menaces proférées en vue de priver des personnes de leurs droits aux libertés de réunion et d’expression et assimilables à une incitation à la discrimination, à l’hostilité ou à la violence envers les organisateurs et les participants de la Belgrade Pride bafouent le droit international relatif aux droits humains. Elles sont aussi manifestement contraires à certaines dispositions du droit serbe, comme l’article 387 du Code pénal, qui prohibe la discrimination raciale et d’autres formes de discrimination.

Les autorités doivent enquêter de manière impartiale sur toutes les menaces formulées contre des militants LGBT, notamment les plus récentes. Compte tenu de la date prochaine de la Belgrade Pride, elles doivent accorder un caractère prioritaire à ces investigations. Elles doivent faire savoir clairement que les violences à caractère discriminatoire sont passibles de sanctions pénales et ne seront pas tolérées.

Les responsables politiques doivent dire publiquement et sans équivoque que les lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres ont le droit de manifester et que toute personne qui tenterait de bafouer ce droit sera traduite en justice.

Le 10 octobre, dans les rues de Belgrade, les défenseurs des droits des LGBT vont promouvoir la diversité, la tolérance et l’égalité de tous devant la loi et dire non à la discrimination basée sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre. Ils doivent être en mesure de le faire sans craindre de subir des représailles ou des agressions verbales ou physiques.

La Belgrade Pride 2010 est organisée par la Gay Straight Alliance (GSA) et le centre Queeria, une association qui milite en faveur de la non-violence et de l’égalité, avec l’aide du Groupe de soutien des gays de Novi Sad et d’autres militants LGBT.

Le coup d’envoi de la parade sera donné à 10 heures du matin au parc Manjež.

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