Communiqué de presse

Le Pakistan s’apprête à exécuter 500 prisonniers

Le Pakistan prévoit d’exécuter 500 nouveaux prisonniers, ce qui est « très préoccupant » et ne permettrait nullement de protéger les civils du conflit avec les talibans, a déclaré Amnesty International lundi 22 décembre.

Ces informations ont été données à la suite de l’exécution de six personnes ces quatre derniers jours, au lendemain de l’attaque sanglante menée par les talibans contre une école à Peshawar.

« Les chiffres cités concernant les prisonniers qui doivent être exécutés sont plus que préoccupants et indiquent une forte régression de la part d’un gouvernement qui, jusqu’à la semaine dernière, avait maintenu un moratoire sur les exécutions », a déclaré David Griffiths, directeur adjoint du programme Asie-Pacifique d’Amnesty International.

« Le Pakistan a connu une terrible tragédie à Peshawar la semaine dernière. Toutefois, recourir à la peine de mort et menacer de procéder à de nombreuses exécutions ne fait que masquer les problèmes sous-jacents auxquels le gouvernement doit s’attaquer : en effet, les communautés qui vivent dans le nord-ouest du Pakistan sont fortement exposées aux violences et aux atteintes aux droits humains. »

De hauts responsables du gouvernement pakistanais auraient déclaré à l’Agence France-Presse (AFP) que 500 condamnés avaient « épuisé tous leurs recours » et seraient mis à mort « dans les prochaines semaines ».

Selon les médias pakistanais, 55 personnes reconnues coupables d’infractions liées au terrorisme doivent être pendues dans les prochains jours, leurs recours en grâce ayant été rejetés.

« La vitesse avec laquelle ces exécutions sont programmées soulève de graves questions quant à la pertinence des recours en grâce – ultimes garanties dans les affaires où l’accusé encourt la peine de mort – dans un pays où les procès sont systématiquement entachés d’irrégularités », a déclaré David Griffiths.

« Loin de contribuer à protéger les civils pris au piège dans ce conflit, le fait d’exécuter des condamnés à mort vient s’ajouter au niveau de violence déjà très élevé au Pakistan. »

Vendredi 19 décembre, le Pakistan a procédé à ses premières exécutions depuis 2012. Deux hommes reconnus coupables d’avoir participé à deux attaques distinctes menées par les talibans ont été pendus. Quatre autres prisonniers ont depuis été exécutés.

Le gouvernement a levé le moratoire sur les exécutions pour les personnes accusées de crimes liés au terrorisme la semaine dernière, en réponse à l’attaque menée par les talibans contre une école à Peshawar, qui a fait au moins 142 victimes.

Le ministère de l’Intérieur a transmis au président des centaines de recours en grâce, en lien avec des affaires de terrorisme.

Les prisonniers risquent d’être exécutés à tout moment une fois leurs recours rejetés.

Au Pakistan, les condamnations à la peine capitale sont bien souvent prononcées à l’issue de procès qui ne respectent pas les normes internationales d’équité.

Parmi les condamnés à mort figure Shafqat Siddiqui, âgé de 14 ans au moment de son arrestation. Selon ses avocats, il a été condamné sur la base d’un seul élément de preuve, à savoir des « aveux » extorqués au bout de neuf jours de torture.

Or, le droit international prohibe la torture et l’application de la peine capitale pour les crimes commis par des personnes âgées de moins de 18 ans, et garantit le droit à un procès équitable.

Amnesty International s’oppose en toutes circonstances et sans aucune exception à la peine de mort, quelles que soient la nature et les circonstances du crime commis, la culpabilité ou l’innocence ou toute autre situation du condamné, ou la méthode utilisée pour procéder à l’exécution.

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