Le Prix Martin Ennals 2008 décerné à une défenseure des droits humains ouzbèke emprisonnée

(Genève) Le 15 mai 2008, le jury du Prix Martin Ennals qui récompense des défenseurs des droits humains a désigné comme lauréate pour 2008 :

Madame Moutabar Tadjibaïeva d’Ouzbékistan a été arrêtée pour avoir critiqué l’attitude du gouvernement lors du massacre d’Andijan, il y a trois ans, en mai 2005. Le 7 mars 2006 elle a été condamnée à huit années d’emprisonnement ; dix-sept chefs d’inculpation ont été retenus contre elle, elle a notamment été déclarée coupable de « diffamation » et « appartenance à une organisation illégale ». En 2006, elle a été transférée pour une courte période dans un centre de détention psychiatrique et forcée d’y subir un traitement médical. Sa santé se détériore en raison de ses conditions de détention. Elle est fréquemment placée en cellule disciplinaire parce qu’elle proteste contre les conditions de vie en prison. Elle n’a qu’un accès limité à son avocat et à ses proches.

La tragédie d’Andijan qui a coûté la vie à des centaines de personnes ne doit pas être oubliée. Le gouvernement d’Ouzbékistan doit libérer Moutabar Tadjibaïeva sans condition.

Le président du jury du Prix Martin Ennals, Hans Thoolen, décrit la lauréate comme «  une femme exceptionnellement courageuse dans un pays où défendre les droits humains est une activité dangereuse qui peut conduire à la prison et à la mort ; où les défenseurs des droits humains sont souvent obligés de choisir entre la prison et l’exil. » Il attire l’attention sur la position de principe de la lauréate de rester vigilante face aux atteintes aux droits humains perpétrées par les autorités gouvernementales. Les dix organisations du jury du Prix Martin Ennals demandent la remise en liberté immédiate de Moutabar Tadjibaïeva et la garantie de sa sécurité. Le Prix Martin Ennals en appelle aux bons offices de l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE) pour parvenir à cet objectif.

Dans les lettres écrites en prison par Moutabar Tadjibaïeva entre août et novembre 2007, on peut lire l’angoisse et la souffrance : « ..Je ne veux pas être oubliée ».... « Ils ont peur de ma vérité alors ils me torturent de cette façon » ... « J’essaie de tenir le plus possible. »

La cérémonie de remise du Prix Martin Ennals aura lieu à Genève le 20 novembre 2008.

Le Prix Martin Ennals est la principale récompense du mouvement en faveur des droits humains. Il est le fruit d’une collaboration sans équivalent entre dix des principales organisations de défense des droits humains dans le monde et vise à donner protection aux défenseurs des droits humains à travers le monde. Le jury est composé des organisations non gouvernementales suivantes : Amnesty International, Human Rights Watch, Human Rights First, la Fédération internationale des Ligues des droits de l’homme (FIDH), l’Organisation mondiale contre la Torture, Front Line, la Commission internationale de juristes (CIJ), Diakonie Allemagne, le Service international pour les droits de l’homme (SIDH) et le Système d’information et de documentation sur les droits humains (HURIDOCS). Anciens lauréats : Pierre Claver Mbonimpa, Burundi et Rajan Hoole-Kopalasingham Sritharan, Sri Lanka (2007) ; Akbar Ganji, Iran, et Arnold Tsunga, Zimbabwe ; Aktham Naisse, Syrie ; Lida Youssoupova, Russie ; Alirio Uribe Muñoz, Colombie ; Jacqueline Moudeina, Tchad ; Brigades de paix internationales ; Immaculée Birhaheka, République démocratique du Congo ; Natasha Kandic, Yougoslavie ; Eyad El Sarraj, Palestine ; Samuel Ruiz, Mexique ; Clement Nwankwo, Nigéria ; Asma Jahangir, Pakistan ; Harry Wu, Chine.

Personnalités apportant leur soutien au Prix Martin Ennals : Asma Jahangir, Barbara Hendricks, José Ramos-Horta, Adama Dieng, Leandro Despouy, Robert Fulghum, Théo van Boven et Werner Lottje.

Plus d’infos à l’adresse http://www.amnestyinternational.be/doc/article7764.html

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