Le Rapport 2007 d’Amnesty International montre que l’Union européenne ne regarde pas en face ses problèmes de droits humains COMMUNIQUÉ DE PRESSE DU BUREAU EUROPÉEN D’AMNESTY INTERNATIONAL

POL 10/019/2007

(Bruxelles) Des gouvernements puissants et des groupes armés suscitent délibérément la peur afin de porter atteinte au système des droits humains et de créer un monde de plus en plus divisé et dangereux, a déclaré aujourd’hui Amnesty International à l’occasion de la sortie de son rapport qui, comme chaque année, dresse un état des droits humains dans le monde.

« L’Europe n’est pas du tout épargnée par ces problèmes ; l’Union européenne n’a aucune raison de pavoiser », a déclaré Dick Oosting, directeur du Bureau d’Amnesty International pour l’Union européenne.

En 2006, des violations ont encore eu lieu dans toute l’Europe, ces atteintes aux droits humains étant surtout en lien avec le contre-terrorisme, le racisme et la discrimination, et concernant aussi le droit d’asile et l’immigration. Il est intéressant de constater que tous les États membres de l’Union européenne figurent dans le rapport de cette année, à l’exception d’un seul.

Cinq ans après les attentats du 11 septembre, l’Europe n’a pas trouvé de manière appropriée de tenir le difficile pari du respect des droits fondamentaux dans un contexte de lutte contre le terrorisme. Certains États européens ont été complices des extraditions illégales et des enlèvements pratiqués par la CIA, ce qui veut dire que l’état de droit en Europe connaît une grave détérioration.

« S’il est extrêmement choquant d’avoir laissé de tels actes se commettre en Europe, il est presque aussi grave que les gouvernements européens n’admettent pas leur réalité et n’aient pas pris de mesures pour éviter la répétition de ces atteintes aux droits humains, a déclaré Dick Oosting.

L’Europe foule aux pieds ses propres valeurs en s’enfermant dans cette dénégation. Elle a un rôle dirigeant à jouer mais, pour donner un exemple crédible au reste du monde, elle doit commencer par améliorer ses performances à domicile », a-t-il ajouté.

Les pratiques condamnables de nombreux États membres de l’Union européenne dans le domaine de la lutte contre l’immigration irrégulière continuent également à constituer un motif de préoccupation. On constate, là aussi, une tendance à la dénégation, et la réponse aux critiques a été décevante.

En l’absence de solutions durables et pérennes, alors que le discours de la peur tient une place prépondérante dans les programmes politiques, l’Europe a été le théâtre de manifestations troublantes de racisme et de discrimination. Le climat actuel encourage le rejet des étrangers ainsi que les soupçons envers les musulmans et les membres d’autres confessions.

La discrimination à l’égard des Roms se poursuit ; dans certains pays, non seulement l’homophobie perdure, mais elle est présente aux plus hauts niveaux de l’État. Dans la pratique, l’incapacité à résoudre ces problèmes graves a créé en Europe des milliers de citoyens de seconde zone.

Tout comme la lutte contre le réchauffement climatique requiert une action mondiale fondée sur la coopération internationale, l’érosion des droits humains ne pourra être stoppée qu’à l’aide de la solidarité mondiale et du respect du droit international, a déclaré Irene Khan, secrétaire générale d’Amnesty International, lors du lancement du Rapport 2007.

Un professeur de la VUB condamné à mort

Le Dr Ahmadreza Djalali, un citoyen iranien résidant en Suède et professeur invité à la VUB en Belgique, a été condamné à mort : demandez sa libération, signez la pétition !