Les aveux obtenus sous la torture ne peuvent être recevables

Les autorités thaïlandaises doivent mener une enquête indépendante, transparente et approfondie sur les allégations de deux hommes déclarés coupables de meurtre qui affirment avoir été torturés par la police, a déclaré Amnesty International.

Le tribunal provincial de Koh Samui a déclaré deux Birmans, Zaw Lin et Win Zaw Tun, coupables du meurtre des touristes britanniques Hannah Witheridge et David Miller en septembre 2014, et les a condamnés à mort. Les avocats des deux hommes prévoient de faire appel du jugement.

Selon ces deux ressortissants du Myanmar, des policiers les ont torturés durant leur interrogatoire, et les ont notamment déshabillés, frappés, roués de coups de pied et ont menacé de leur infliger des décharges électriques dans le but de leur extorquer des « aveux ». Le juge présidant le tribunal a rejeté ces allégations, au motif qu’aucune preuve ne venait les étayer, sans fournir aucune autre explication.

« Les autorités thaïlandaises doivent veiller à ce que les aveux ou les déclarations qui auraient été obtenus sous la torture ne soient pas retenus à titre de preuve lors d’un nouveau procès, sauf s’ils le sont contre les personnes accusées de torture dans le but de prouver le bien-fondé des allégations. Cela nécessite une enquête indépendante, qui ne doit pas être confiée à la police, a déclaré Champa Patel, directrice du bureau régional Asie du Sud-Est et Pacifique d’Amnesty International.

« Les forces de police thaïlandaises sont connues pour recourir à la torture et à d’autres formes de mauvais traitements dans le but d’extorquer des " aveux ". Cette affaire est loin d’être un cas isolé. Les autorités thaïlandaises doivent prendre des mesures concrètes en vue d’éradiquer la torture, et non se contenter d’une position de façade.

«  Nous espérons qu’elles feront éclater la vérité lors d’un nouveau procès respectant le droit international relatif aux droits humains et les normes en la matière, afin que les familles d’Hannah Witheridge et de David Miller obtiennent la justice et la paix qu’elles sont en droit d’espérer. »

Après avoir elle aussi enquêté sur l’affaire, la Commission nationale des droits humains a conclu que les allégations de torture des deux citoyens du Myanmar étaient crédibles.

Amnesty International est vivement préoccupée par la condamnation à mort des deux accusés.

La Thaïlande n’a procédé à aucune exécution depuis 2009. Si les autorités se sont engagées à progresser vers l’abolition de la peine capitale en 2015, le nombre d’infractions passibles de ce châtiment a pourtant augmenté.

« La peine de mort est une violation du droit à la vie et constitue le châtiment le plus cruel, inhumain et dégradant qui soit. Il n’est pas prouvé qu’elle a un effet plus dissuasif ni qu’elle permette de réduire davantage la criminalité que d’autres châtiments. Les autorités thaïlandaises doivent commuer sans délai ces condamnations et prendre des mesures en vue de supprimer la peine capitale des textes de loi  », a déclaré Champa Patel.

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