Communiqué de presse

Les condamnations prononcées contre des membres de la force de maintien de la paix en Haïti ne rendent pas justice

La condamnation à un an de prison de trois Pakistanais membres de la force de maintien de la paix des Nations unies en Haïti reconnus coupables de l’agression sexuelle d’un garçon de 14 ans est une parodie de justice, a déclaré Amnesty International jeudi 15 mars.

Le 14 mars, l’ONU a révélé que ces trois hommes avaient été condamnés à l’issue d’une audience devant une juridiction militaire pakistanaise dans la ville haïtienne des Gonaïves en janvier 2012.

C’est la première fois, à la connaissance d’Amnesty International que des membres de la force de maintien de la paix des Nations unies sont jugés et condamnés pour des faits commis en Haïti. Ces trois policiers ont depuis été renvoyés au Pakistan, où ils devraient purger leur peine de prison.

« On dispose de très peu d’informations sur cette affaire et la nature de l’agression sexuelle, mais il est évident qu’un procès militaire tenu dans un secret presque total qui a débouché sur une peine d’un an est complètement inacceptable et constitue une parodie de justice, a souligné Javier Zúñiga, conseiller spécial d’Amnesty International.

« Les affaires d’agression sexuelle ne doivent jamais être traitées par des juridictions militaires, mais par des instances civiles disposées à examiner des questions liées aux droits humains.

L’ONU doit informer le public des circonstances exactes de ce crime et du degré d’implication de ces agents et, le cas échéant, d’autres personnes. Nous avons également besoin de savoir quelle enquête a eu lieu, la procédure judiciaire qui a été suivie et l’indemnisation éventuelle de la victime et de sa famille », a ajouté Javier Zúñiga.

Les Nations unies ont annoncé qu’elles collaboraient avec les autorités pakistanaises pour examiner les détails des procédures suivies et assurer un contrôle approprié. Amnesty International les engage à rendre ces détails publics et à surveiller cette affaire de manière approfondie afin de veiller à ce que les droits de la victime à des réparations et des accusés à un procès équitable soient respectés.

L’organisation demande également aux Nations unies de réexaminer leurs mécanismes internes de traitement des violations commises par leur personnel et par les forces multinationales.

Dans une autre affaire, au cours du deuxième semestre 2011, des membres uruguayens de la force de maintien de la paix de l’ONU ont été accusés d’avoir agressé sexuellement un jeune homme haïtien. Ce dossier est actuellement traité par la justice uruguayenne.

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