Communiqué de presse

Les Maldives doivent commuer les condamnations à mort prononcées contre deux mineurs délinquants déclarés coupables de meurtre

Les autorités des Maldives doivent commuer les condamnations à la peine capitale prononcées contre deux jeunes gens jeudi 2 mai pour un meurtre qu’ils auraient commis alors qu’ils étaient mineurs, et suspendre leur possible exécution, a déclaré Amnesty International.

Ils ont été reconnus coupables par le tribunal pour enfants de Malé, la capitale, pour une affaire d’homicide à l’arme blanche en réunion en février. Ces deux garçons, qui sont désormais majeurs, nient apparemment les faits.

« Les autorités maldiviennes bafouent le droit international, qui prévoit l’inapplicabilité de la peine de mort aux personnes déclarées coupables d’un crime commis alors qu’elles étaient mineures », a expliqué Polly Truscott, directrice adjointe du programme Asie-Pacifique d’Amnesty International.

Les Maldives sont partie à deux traités des Nations unies, le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, et la Convention relative aux droits de l’enfant, qui interdisent le recours à la peine capitale pour les crimes commis par des personnes mineures.

« Les autorités doivent immédiatement annuler ces condamnations à mort, et le parquet doit s’abstenir de requérir ce châtiment dans le cadre d’éventuels appels », a souligné Polly Truscott.

« Toutes les autres condamnations à mort doivent être commuées, et un moratoire officiel sur les exécutions doit être établi en vue de l’abolition de la peine capitale.

« Les Maldives s’aventurent sur un terrain nouveau et dangereux – recourir à la peine de mort afin de punir des crimes imputés à des mineurs est alarmant. »

La famille de la victime aurait précédemment demandé à la cour de prononcer cette peine. Les deux jeunes gens ont 90 jours pour interjeter appel auprès de la Haute Cour.

Un autre garçon a, semble-t-il, été acquitté faute de preuves tandis que plusieurs autres ont également été inculpés de meurtre en relation avec cette agression.

« Amnesty International s’oppose à la peine de mort en toutes circonstances, sans exception. Aucun élément convaincant ne prouve que ce châtiment ait un effet dissuasif sur la criminalité », a poursuivi Polly Truscott.

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