Les droits fondamentaux des réfugiés et demandeurs d’asile bafoués

La mort d’un nouveau réfugié dans un centre de détention administré par l’Australie à Nauru révèle les profondes failles d’un système auquel il est urgent de mettre un terme, a déclaré Amnesty International vendredi 29 avril.

« L’acte désespéré de ce réfugié souligne combien les conditions sont dramatiques dans les centres de traitement des demandes d’asile gérés à l’étranger par le gouvernement australien. Comme l’affirme avec insistance Amnesty International depuis maintenant plusieurs années, le système actuel est cruel et inhumain, et il convient d’y mettre un terme  », a déclaré Champa Patel, conseillère en chef d’Amnesty International pour les recherches sur l’Asie du Sud-Est et le Pacifique.

Les autorités australiennes ont confirmé la mort, dans un hôpital de Brisbane, d’un Iranien de 23 ans dénommé Omid, qui était semble-t-il détenu depuis trois ans dans un centre géré par l’Australie sur l’île de Nauru, dans le Pacifique. Omid avait obtenu le statut de réfugié.

«  Nous avons reçu des informations faisant état de viols, de harcèlement sexuel et de violences physiques et psychologiques dans ces centres. Ce nouveau décès est un triste exemple de plus de la manière dont l’Australie laisse tomber ces personnes, qui sont parmi les plus vulnérables de la planète », a déclaré Champa Patel.

Omid s’est immolé par le feu mercredi 27 avril. Souffrant de brûlures au troisième degré sur presque tout le torse, il a été transporté en avion à Brisbane le lendemain.

« Encore un cas qui met en évidence les funestes défaillances des services de santé à Nauru, qui sont sous-équipés pour s’occuper de réfugiés souffrant de graves problèmes psychologiques, souvent issus de profonds traumatismes. Une enquête approfondie doit être menée sur les circonstances de la mort d’Omid  », a déclaré Champa Patel.

Complément d’information
Le transfert par l’Australie des demandeurs d’asile à Nauru et sur l’île de Manus (Papouasie-Nouvelle-Guinée) en vue du traitement de leurs demandes revient à les envoyer de force dans des pays où leurs droits fondamentaux ne sont pas respectés.

Cette pratique constitue une violation des obligations qui incombent à l’Australie en vertu du droit et des normes internationaux relatifs aux réfugiés et aux droits humains.

Dans un rapport de novembre 2013, Amnesty International avait constaté que les réfugiés et les demandeurs d’asile détenus à Nauru vivaient dans conditions difficiles, entassés dans des espaces réduits et souffrant de problèmes physiques et mentaux, et que leurs droits fondamentaux étaient régulièrement bafoués.

Elle indiquait que les conditions de vie délibérément pénibles et humiliantes qui régnaient dans ces centres avaient pour but de forcer les demandeurs d’asile à retourner dans leur pays d’origine, qu’ils soient ou non en mesure de prétendre au statut de réfugiés.

Amnesty International appelle le gouvernement australien à cesser de délocaliser le traitement des demandes d’asile et à rapatrier en Australie toutes les personnes envoyées à Nauru et sur l’île de Manus, afin d’examiner leurs dossiers en toute équité.

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