Libye : des tirs de roquettes continuent de pleuvoir sur la population civile de Misratah

Une fois encore, les forces loyales au colonel libyen Mouammar Kadhafi prennent pour cible des civils à Misratah en tirant des roquettes, certaines contenant des billes en acier, en direction des zones résidentielles de la ville, a déclaré Amnesty International jeudi 23 juin. Au moins trois civils, un adolescent de 14 ans et deux femmes, ont été tués et plusieurs autres, notamment des enfants, ont été blessés ces derniers jours lorsque des roquettes Grad ont atteint leurs maisons, situées dans des quartiers résidentiels de la ville portuaire. Ces roquettes sont des armes frappant sans discrimination, qui ne peuvent être dirigées en direction d’une cible particulière et dont l’utilisation peut constituer un crime de guerre.

« À Misratah, les familles vivent de nouveau dans la crainte d’être tuées, alors que les roquettes pleuvent sur leurs maisons et que les habitants terrifiés n’ont nulle part où se réfugier », a déclaré Donatella Rovera, principale conseillère d’Amnesty International pour les situations de crise.

Le 20 juin, Ibrahim Ali Boushiba (14 ans) a été tué et sa mère, son père et son frère Faraj (12 ans) ont été blessés lorsque plusieurs roquettes se sont écrasées sur leur maison dans le quartier de Rweissat. Les images des débris de roquettes examinées par Amnesty International montrent que ces projectiles contenaient des billes en acier pour faire le plus de victimes possible. Le 17 juin, Halima Omar Dabbur, âgée de 46 ans et mère de huit enfants, a été tuée et sa fille Nada (neuf ans) blessée après qu’une roquette eut frappé leur maison, dans le quartier de Zarrouq. Trois jours plus tôt, une autre roquette avait touché une habitation voisine, blessant Omar (cinq ans), le neveu d’Halima, et Fatma, sa nièce (sept ans). Mabrouka Yusef Musa, âgée de 55 ans et mère de sept enfants, a également trouvé la mort tandis que son époux a été blessé lors de deux attaques à la roquette lancées récemment sur leur domicile et à proximité de celui-ci, dans le même quartier.

Amnesty International continue de recevoir des informations faisant état de victimes d’autres attaques à la roquette mais, les connexions téléphoniques et Internet étant toujours coupées à Misratah, il est très difficile d’obtenir des informations et de les vérifier. Misratah, seule grande agglomération de l’ouest du pays contrôlée par l’opposition, a été pilonnée sans discrimination et sans relâche pendant des semaines en avril et début mai par les forces du colonel Kadhafi. Des dizaines d’habitants et plusieurs migrants africains ont été tués et de nombreuses autres personnes ont été blessées lors des bombardements.

« Ces attaques doivent cesser immédiatement. Le colonel Kadhafi, ses proches et les membres de ses forces armées qui ont ordonné et lancé des attaques aveugles à la roquette en direction des zones résidentielles de Misratah savent pertinemment que les victimes seront des civils extérieurs au conflit », a expliqué Donatella Rovera.

« Ils doivent se rendre compte qu’ils pourraient avoir un jour à répondre de leurs actes et être poursuivis pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité, deux chefs d’accusation extrêmement graves. »

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