Communiqué de presse

Malaisie. Il faut abandonner les poursuites pour sédition engagées contre un avocat en raison d’un tweet

Les autorités malaisiennes doivent immédiatement abandonner les poursuites pour sédition, motivées par des considérations politiques, engagées contre un avocat qui pourrait encourir trois ans de prison en raison d’un tweet critiquant un organe public islamique, a déclaré Amnesty International.

Eric Paulsen, avocat spécialiste des droits humains et cofondateur de l’ONG Lawyers for Liberty, a été inculpé jeudi 5 février en vertu de la Loi relative à la sédition pour un tweet qu’il a publié le 12 janvier 2015. Ce message appelait le gouvernement à empêcher le Département du développement islamique de la Malaisie (Jakim) de « promouvoir l’extrémisme ».

« Ces poursuites motivées par des considérations politiques doivent être abandonnées immédiatement et sans condition. Il est absurde qu’une personne puisse encourir trois ans de prison pour un simple tweet critiquant les autorités » , a déclaré Rupert Abbott, directeur des recherches du programme Asie du Sud-Est et Pacifique d’Amnesty International.

« Eric Paulsen est un défenseur des droits humains renommé et a été pris pour cible uniquement pour avoir exercé pacifiquement son droit à la liberté d’expression. S’il était incarcéré, Amnesty International le considérerait comme un prisonnier d’opinion. »

Au cours de l’année écoulée, les autorités malaisiennes ont fait amplement usage de la Loi relative à la sédition, un texte draconien datant de l’époque coloniale qui visait à l’origine les personnes revendiquant l’indépendance de la Malaisie et qui confère au gouvernement de vastes pouvoirs lui permettant d’arrêter et d’enfermer ses détracteurs.

Au moins 18 personnes – parmi lesquelles des journalistes, des responsables politiques d’opposition et des défenseurs des droits humains – ont été inculpées au titre de cette loi depuis janvier 2014. Eric Paulsen est le deuxième membre de Lawyers for Liberty à faire l’objet de poursuites pour sédition en un an.

« L’utilisation incessante de la Loi relative à la sédition par les autorités malaisiennes pour museler l’opposition doit cesser immédiatement. Cette pratique constitue une grave atteinte à la liberté d’expression qui a un effet dévastateur sur le débat public dans le pays », a déclaré Rupert Abbott.

Complément d’information

Amnesty International a depuis longtemps exprimé des préoccupations au sujet de la Loi de 1948 relative à la sédition. Cette loi érige en infraction toute une série d’actes, notamment ceux « tendant à inciter au mécontentement envers les personnes qui exercent le pouvoir ou envers le gouvernement », ou le fait de « remettre en cause un sujet » protégé par la Constitution du pays. Les personnes reconnues coupables de tels faits sont passibles de trois années d’emprisonnement et d’une amende de 5 000 ringgits (1 570 dollars des États-Unis environ). Cette loi n’est pas conforme au droit international relatif aux droits humains et viole le droit à liberté d’expression, proclamé par l’article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme et garanti également par la Constitution malaisienne (article 10).

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