MALAISIE : Le gouvernement manque une occasion de réparer une grande injustice

Index AI : ASA 28/005/02

Amnesty International a exprimé sa consternation après que le ministre malaisien de l’Intérieur Abdullah Badawi eut annoncé mardi 1er octobre que cinq détracteurs du gouvernement détenus en application de la Loi relative à la sécurité intérieure ne seraient pas libérés alors qu’un tribunal fédéral a statué que leur premier placement en détention avait été illégal. La Loi relative à la sécurité intérieure permet de maintenir indéfiniment des personnes en détention sans les inculper ni les juger.

Les cinq prisonniers d’opinion Tian Chua, Saari Sungib, Hishamuddin Rais, Mohd Ezam Nor et Raja Petra Kamaruddin ont été arrêtés le 10 avril 2001 parce qu’ils étaient accusés d’avoir conspiré dans le but de renverser le gouvernement par des actions militantes. Aucun élément étayant ces accusations n’a jamais été rendu public. Raja Petra Kamaruddin a été libéré depuis lors et Mohd Ezam Nor, qui a été reconnu coupable en vertu de la Loi relative aux secrets d’État, purge une peine de deux ans d’emprisonnement.

Amnesty International considère que ces hommes sont détenus uniquement en raison de leurs activités politiques, et pacifiques, dans l’opposition. Ils ont été privés des droits fondamentaux à la liberté, à la liberté d’expression et à un procès équitable. Le gouvernement malaisien a manqué ce mardi 1er octobre l’occasion en or qui lui était donnée de réparer une grave injustice.

Le 6 septembre 2002, la Cour fédérale avait statué que les soixante premiers jours de détention de ces prisonniers étaient illégaux. La Loi relative à la sécurité intérieure dispose qu’une personne peut être détenue pendant deux mois aux fins de l’enquête policière. À l’issue de cette période, le ministre de l’Intérieur peut émettre une ordonnance de placement en détention pour une période de deux ans renouvelable. La Cour a statué que sa décision ne concernait pas la période de deux ans de détention que les prisonniers purgent actuellement.

Les militants de l’opposition Lokman Nor Adam et Badrul Amin Bahron, également accusés de complot en vue de renverser le gouvernement, ont été arrêtés en application de la Loi relative à la sécurité intérieure le 20 avril 2001. Ils sont en train de remettre en cause la légalité de leur placement initial en détention.
En dépit des nombreux appels lancés de l’extérieur et de l’intérieur du pays pour demander l’abrogation de la Loi relative à la sécurité intérieure, les autorités malaisiennes continuent d’utiliser ce texte à des fins politiques et de manière sélective. Des militants de l’opposition, des universitaires, des étudiants, des syndicalistes et d’autres membres pacifiques de la société civile sont encore régulièrement arrêtés. Amnesty International demande une fois de plus que la Loi relative à la sécurité intérieure soit abrogée et que les personnes détenues aux termes de cette loi soient libérées sans condition à moins d’être inculpées d’infractions pénales prévues par la loi.

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