MALAISIE. Les États-Unis doivent faire pression sur Najib Tun Razak pour qu’il mette fin à la politique de discrimination raciale

Déclaration publique

ÉFAI- 12 avril 2010

Lorsque Najib Tun Razak, Premier ministre de Malaisie, se rendra aux Êtats-Unis cette semaine, les responsables de l’administration américaine devront faire pression sur lui pour qu’il mette fin au système institutionnalisé de discrimination à l’égard des non-Malais.

La première étape devrait être la ratification par la Malaisie de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale, traité des Nations unies déjà ratifié par 173 pays.

À Washington, le Premier ministre malaisien doit rencontrer le président américain Barack Obama, des membres de l’administration américaine ainsi que des membres du Congrès.

Le système institutionnalisé de discrimination en Malaisie trouve son origine dans le « Nouveau plan économique » de 1970 qui a établi toute une gamme de mesures spécifiques en faveur des Bumiputras ou « fils de la terre ». Cette catégorie comprend, outre les Malais certains groupes de populations indigènes ; ils forment ensemble la majorité de la population.

Dans un discours prononcé le 30 mars, au cours duquel il a dévoilé son nouveau plan économique, le Premier ministre Najib Tun Razak a lui-même reconnu la nécessité de réformer cette politique, affirmant : « Depuis trop longtemps, les mesures de discrimination positive telles qu’elles sont appliquées ne touchent pas les personnes qui en ont le plus besoin. » Il a annoncé une réforme de la politique favorisant les Bumiputras au détriment des autres groupes ethniques, ajoutant que la nouvelle politique serait respectueuse du marché, transparente et basée sur les besoins et le mérite.

Le Comité des droits de l’homme des Nations unies reconnaît aux États la prérogative d’appliquer des mesures de discrimination positive pour lutter contre les conditions à l’origine de la discrimination. Toutefois, il a également déclaré que cette action n’était légitime que dans la mesure où « ce type d’action est nécessaire pour remédier à une discrimination de fait ». Toutefois, la politique actuelle de discrimination de la Malaisie en faveur des Bumiputras institutionnalise la discrimination raciale dans de nombreux secteurs clés, notamment l’éducation et le logement.

Dans le domaine de l’éducation par exemple, les étudiants non-malais ne sont pas autorisés à suivre les cours de l’université d’État University Teknologi Mara (UiTM) qui compte 120 000 étudiants. En 2008, le gouvernement a rejeté une proposition visant à annuler cette mesure.

Dans le domaine de l’emploi, des quotas préférentiels dans la fonction publique privilégient la minorité malaise. Début 2010 par exemple, 98,47% des emplois de la fonction publique dans l’État de Johor étaient occupés par des Malais, selon le Premier ministre de cet État. Pourtant, les Malais ne représentent que 54% de la population de Johor.

Débattre publiquement de la question de la discrimination raciale en Malaisie expose à des risques de poursuites pénales. Après avoir publié une lettre critiquant les « droits spéciaux » des Malais, le site web Mamaysiakini a fait l’objet d’une descente de police en 2003 et a été fermé temporairement en application de la Loi relative à la sédition.

En 2008, le groupe HINDRAF (Force d’action pour les droits des hindous), qui revendique l’égalité des droits pour les Malaisiens d’origine indienne, a été interdit au titre de la Loi relative aux sociétés. Cinq de ses dirigeants ont été détenus sans inculpation pendant plusieurs mois au titre de la Loi relative à la sécurité intérieure, avant d’être tous libérés.

La Malaisie, actuellement candidate à un siège au sein du Conseil des droits de l’homme des Nations unies, doit ratifier sans délai la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale, pour prouver aux membres des Nations unies qu’elle entend vraiment mettre fin à la discrimination raciale.

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