Communiqué de presse

Maldives. Les membres du gouvernement chassés du pouvoir ne doivent pas être persécutés

Les nouvelles autorités des Maldives ne doivent pas persécuter les membres du parti politique du président sortant Mohammed Nasheed, a déclaré Amnesty International mardi 7 février, après la démission de ce dernier à la suite d’une mutinerie de la police dans le pays.

L’ex président a expliqué mardi, dans une déclaration télévisée, qu’il démissionnait afin « d’éviter la violence », après que des policiers ont rejoint les manifestations menées par l’opposition et pris le contrôle de la télévision d’État à Malé, la capitale du pays.

Au moins trois cadres du parti politique de l’ex président, le Parti démocratique des Maldives (MPD), auraient été arrêtés après avoir été battus par la police et des sympathisants de l’opposition lundi soir.

« Les événements de ces derniers jours font suite à des semaines de paralysie politique et à une grave détérioration du respect de l’obligation de rendre des comptes et de l’état de droit », a déclaré Sam Zarifi, directeur du programme Asie-Pacifique d’Amnesty International.

« Le nouveau gouvernement doit veiller à protéger les droits de tous les Maldiviens de manière équitable, quelle que soit leur affiliation politique. »

« Les autorités doivent également ouvrir une enquête impartiale et indépendante sur les agressions dont trois membres du Parti démocratique des Maldives ont été victimes lundi 6 février. »

Il existe des informations contradictoires concernant l’endroit où se trouverait actuellement Mohammed Nasheed.

Selon certains médias, le président sortant aurait été retenu contre son gré par les forces de sécurité dans le palais présidentiel, mardi 7 février, mais aurait maintenant été libéré.

« Il faut immédiatement déterminer où se trouve exactement Mohammed Nasheed », a affirmé Sam Zarifi.

Un responsable de l’opposition maldivien a annoncé à l’AFP qu’il avait demandé à l’armée d’arrêter Mohammed Nasheed afin que ce dernier soit poursuivi pour corruption et abus de pouvoir.

D’après le Parti démocratique des Maldives, la démission de Mohammed Nasheed ne serait rien d’autre qu’un « coup d’État » orchestré par des « éléments rebelles » des services de police maldiviens aidés par des partisans de l’ancien président Mamoon Abdul Gayoom.

L’ancien allié et vice-président de Mohammed Nasheed, Mohammed Waheed Hassan, a été investi nouveau chef de l’État mardi 7 février dans l’après-midi.

Mariya Didi, Eva Abdulla et Alham Fahmy, membres du Parti démocratique des Maldives, ont été gravement blessés après avoir été agressés par des policiers et des sympathisants de l’opposition lundi ; ils ont été emmenés à l’Indira Gandhi Memorial Hospital pour y être soignés.

Des manifestations ont débuté en janvier, après que Mohammed Nasheed eut ordonné l’arrestation d’Abdulla Mohamed, juge principale de la cour pénale, accusé de corruption et de partialité politique. Abdulla Mohamed est réputé proche de l’ancien président Maumoon Abdul Gayoom. D’après le gouvernement, l’appareil judiciaire était réticent à l’idée d’autoriser une enquête contre Abdulla Mohamed pour manquement dans l’exercice de ses fonctions.

Mohamed Nasheed avait été élu président à l’issue des premières élections multipartites des Maldives, en 2008. Cette élection mettait fin à 30 années de pouvoir pour le dirigeant autoritaire Maumoon Abdul Gayoom.

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