MEXIQUE :Amnesty International condamne l’assassinat d’une militante pour les droits des populations indigènes et demande qu’une enquête soit menée sans délai

Mexico, D.F. — Amnesty International a condamné aujourd’hui (vendredi 8 juillet) le meurtre de Griselda Tirado, cette Mexicaine qui défendait activement les droits des populations indigènes, et elle a appelé les autorités mexicaines à mener sans délai une véritable enquête.
Pour Rupert Knox, qui participe à la mission de haut niveau qu’Amnesty International mène actuellement au Mexique, « il est possible que ce soit le travail de Griselda Tirado pour la défense des droits fondamentaux des communautés indigènes à Puebla qui lui ait coûté la vie ».
« Depuis des années, les défenseurs des droits humains au Mexique sont constamment menacés et harcelés sans que les autorités ne parviennent à assurer leur sécurité ni à mener de véritables enquêtes sur ces agressions », a ajouté Rupert Knox.
Griselda Tirado travaillait avec l’Organisation indépendante Totonaca (OIT) à la défense des droits des communautés indigènes dans la sierra du nord de l’État de Puebla, cette organisation étant parfois amenée à prendre position dans des conflits fonciers. Griselda Tirado voulait également se présenter à la prochaine élection du gouvernement municipal indigène, ce qui lui avait valu de se mettre à dos de puissants chefs locaux. Dans tout le pays, les personnes militant pour les droits des indigènes sont souvent victimes de représailles lorsqu’elles cherchent à défendre les droits fonciers et d’autres droits collectifs.
Amnesty International a exprimé sa préoccupation quant au retard qu’aurait déjà pris l’enquête sur cet homicide. « Alors que Griselda Tirado a été abattue quand elle quittait son domicile à Huehuetla mercredi 6 août en début de matinée, la police scientifique n’aurait commencé à examiner les lieux qu’aujourd’hui, a déclaré Rupert Knox. Ce délai a pu entraîner la perte d’éléments de preuve essentiels ».
La mission de haut niveau qu’Amnesty International effectue au Mexique du 8 au 14 août 2003 comprend le lancement, ce lundi 11 août 2003, lors de conférences de presse simultanées à Mexico et à Ciudad Juárez, d’un rapport sur les enlèvements et les meurtres qui ont eu lieu pendant dix ans à Ciudad Juárez et Chihuahua. Au cours de cette mission, Irene Khan, secrétaire générale de l’organisation, rencontrera également le président mexicain Vicente Fox ainsi que des membres du gouvernement et des représentants d’associations mexicaines de défense des droits humains.
Après la mission, Irene Khan participera au Conseil International de l’organisation à Cocoyoc (État de Morelos), qui réunira plus de 500 délégués d’Amnesty International en provenance du monde entier.

Index AI : XXX 00/000/2003

Toutes les infos

Infos liées

Toutes les actions

Actions liées

Les Rohingyas persécutés et privés d’aide humanitaire

Au Myanmar, les forces de sécurité mènent une campagne violente et sans pitié contre les Rohingyas. Il faut agir pour que cela cesse