MEXIQUE - Les violations des droits humains commises à Guadalajara restent impunies

Index AI : AMR 41/014/2005

L’insistance avec laquelle les autorités de l’État de Jalisco font fi des plaintes pour violations des droits humains porte gravement préjudice à la justice. C’est ce qu’a déclaré Amnesty International ce vendredi 27 mai 2005, qui marque le premier anniversaire des manifestations qui avaient eu lieu à Guadalajara pendant le troisième Sommet des chefs d’État et de gouvernement d’Amérique latine, des Caraïbes et de l’Union européenne.

Plus d’une centaine de personnes avaient été détenues les 28 et 29 mai 2004 pour leur participation présumée aux violences commises pendant les manifestations.

Selon les informations recueillies par Amnesty International, de nombreux détenus auraient alors été menacés, maltraités et torturés pour qu’ils reconnaissent leur culpabilité ou donnent le nom de responsables présumés des actes violents. Plusieurs femmes ont été contraintes de se présenter deux par deux, de se déshabiller et de s’accroupir à plusieurs reprises en face d’agents de la Direction de la Sécurité publique de l’État de Jalisco.

« Il est regrettable que les autorités ne prennent pas au sérieux ces plaintes pour atteintes aux droits fondamentaux et qu’elles mettent au contraire tant d’énergie à discréditer l’ensemble des manifestants, dans le but semble-t-il d’escamoter les violations des droits humains commises lors des opérations de maintien de l’ordre, a ajouté l’organisation. Toutes les plaintes pour torture devraient faire l’objet d’investigations impartiales. »

À ce jour, dix personnes ont été libérées après avoir été inculpées d’infractions mineures ; 31 ont été libérées sous caution et quatre sont toujours détenues. Les inculpations sont variées : rébellion, tentatives criminelles contre les voies de communication, coups et blessures, atteinte à la propriété privée, vol qualifié.

Amnesty International a reçu des informations selon lesquelles des aveux obtenus sous la torture ou la contrainte auraient été admis comme éléments de preuve, en violation flagrante de plusieurs traités internationaux ratifiés par le Mexique et de la législation de l’État.

« Le fait d’avoir recours à la torture pour obtenir des aveux et d’accepter ces aveux comme éléments de preuve favorise une pratique illégale et remet en question tout le processus judiciaire. »

Amnesty International appelle les autorités mexicaines à faire le nécessaire pour que les membres des organisations sociales et de défense des droits humains puissent mener leurs actions légitimes auprès des inculpés sans risquer de représailles. Elle les prie instamment de mener sans délai une enquête sur les menaces qu’a reçues en janvier 2005 Patricia Barragán Reyes, membre de la Coordination du 28 mai, et de faire le nécessaire pour que les personnes soupçonnées d’être responsables de ces agissements soient déférées en justice.

« Le gouvernement mexicain doit s’assurer que les autorités du Jalisco respectent les droits fondamentaux de la personne et ne tolèrent pas l’impunité, a conclu Amnesty International. Les autorités du Mexique et de l’État de Jalisco doivent prendre leurs responsabilités et ouvrir des enquêtes afin que les responsables de ces agissements soient sanctionnés. »

Complément d’information

Trois mille personnes environ ont participé aux manifestations du 28 mai 2004 à Guadalajara, au cours desquelles des actes violents contre les forces de sécurité et des biens ont été enregistrés.

Quarante-cinq personnes ont été inculpées pour leur participation présumée à ces actes violents, et huit ressortissants étrangers ont été renvoyés dans leur pays d’origine avec interdiction de revenir au Mexique pendant trois ans.

Amnesty International avait condamné les actes violents commis pendant la manifestation tout en rappelant aux autorités que les opérations de maintien de l’ordre devaient respecter pleinement et en tout temps les normes internationales relatives aux droits humains.

Pour plus de détails, vous pouvez consulter sur le site de l’organisation le rapport Mexique. Rejet des allégations de violations à Guadalajara : la réticence à enquêter sur les atteintes aux droits humains perpétue l’impunité (index AI : AMR 41/034/2004) publié par Amnesty International en décembre 2004.

Pour obtenir de plus amples informations, veuillez contacter le Service de presse d’Amnesty International à Londres, au 02 543 79 04, ou consulter les sites http://www.amnestyinternational.be et http://www.amnesty.org

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