MYANMAR : Amnesty International demande la libération de tous les prisonniers d’opinion

Index AI : ASA 16/017/02

Alors que les autorités du Myanmar viennent d’annoncer la libération de 115 prisonniers politiques, dont 50 membres de la National League for Democracy (NLD, Ligue nationale pour la démocratie), Amnesty a demandé ce vendredi 22 novembre 2002 au State Peace and Development Council (SPDC, Conseil national pour la paix et le développement) d’aller plus loin, en libérant tous les prisonniers d’opinion.
Amnesty International a également exhorté les autorités à protéger le droit à la liberté d’expression, d’association et de réunion au Myanmar.

" Parmi les prisonniers libérés figurent des personnes qui ont passé six ans en détention, voire davantage, pour des actes qui ne seraient pas considérés comme des infractions au regard du droit international, comme le fait de parler à des journalistes étrangers de la torture des prisonniers politiques ", a déclaré Amnesty International.

Certaines informations indiquent que les prisonniers récemment libérés pourraient être contraints de purger le reste de leur peine, s’ils venaient à être de nouveau arrêtés.

" Nous nous réjouissons de ces libérations, tout en soulignant qu’elles auraient dû intervenir beaucoup plus tôt et qu’elles doivent être suivies de la libération inconditionnelle de tous les autres prisonniers d’opinion, qui souffrent depuis trop longtemps dans les prisons du Myanmar ", a ajouté l’organisation de défense des droits humains.

" Le SPDC doit veiller à ce que ces libérations ne soient assorties d’aucune condition et à ce que les personnes remises en liberté ne soient pas ensuite victimes de manœuvres de harcèlement ", a conclu Amnesty International.

Parmi les plus de 1 200 prisonniers politiques toujours détenus au Myanmar figurent plusieurs prisonniers d’opinion ayant passé en détention l’essentiel, voire l’intégralité, des treize dernières années. C’est le cas, par exemple, de U Win Tin, un journaliste âgé de soixante-douze ans, reconnu " coupable " d’avoir, entre autres, tenté de faire parvenir des informations aux Nations unies sur les conditions de vie déplorables qui régnaient dans les prisons. On peut également citer les noms de Paw U Tun, alias Min Ko Naing, dirigeant étudiant dont la peine est pourtant arrivée à expiration, et de U Win Htein, l’un des principaux conseillers de la NLD, emprisonné pour avoir organisé une entrevue avec la presse concernant la torture et pour avoir recueilli des informations sur les mauvais résultats d’une récolte de riz.

Amnesty International est également préoccupée par la récente condamnation de deux étudiants, Khin Maung Win et Thet Naung Soe, condamnés respectivement à sept et quatorze ans d’emprisonnement, pour avoir manifesté sans violence devant l’hôtel de ville de Yangon, en août dernier.

Amnesty International considère les deux jeunes gens comme des prisonniers d’opinion et prie instamment les autorités de les libérer sans condition et de s’abstenir désormais d’arrêter les personnes qui se livrent à des manifestations non violentes de dissidence.

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