Myanmar. LA répression avant les élections du 8 novembre

Myanmar. Les élections sont déjà ternies par une répression grandissante et un déni de droits pour les Rohingyas

L’incarcération de militants pacifiques, les restrictions à la liberté d’expression, les discriminations et le déni de droits visant certaines minorités - en particulier les Rohingyas, victimes de persécutions - décrédibilisent les élections au Myanmar, a déclaré Amnesty International en prévision du scrutin historique de dimanche 8 novembre.

Ce dernier mois, au moins 19 personnes ont été placées en détention pour des raisons d’opinion, portant le total des prisonniers d’opinion à 110 - à la connaissance d’Amnesty International -, bien qu’il soit probable que ce chiffre soit en-deçà de la réalité, tandis que des centaines d’autres personnes inculpées attendent leur procès après avoir obtenu une libération sous caution.

« Les électeurs du Myanmar iront aux urnes dans un pays où, si des milliers de personnes assistent aux meetings d’Aung San Suu Kyi, d’autres sont condamnées à des peines de prison pour s’être exprimées haut et fort ou pour avoir manifesté de manière non violente. Les autorités peuvent affirmer que le pays est sur la voie de la réforme, mais on observe en réalité une intensification de la répression ciblée contre la liberté d’expression et le droit de réunion pacifique », a déclaré Josef Benedict, responsable de l’action sur l’Asie du Sud-Est à Amnesty International.

Le mois dernier, Amnesty International a diffusé une synthèse évoquant la « nouvelle génération » de prisonniers d’opinion visés par cette répression.
« Cela fait des mois que les autorités ont jeté les bases de leur opération de répression contre le militantisme autour des élections. Leurs agissements ont mené à ce que des voix considérées comme "indésirables" soient réduites au silence derrière les barreaux, et ont instauré un climat de peur tel que ceux qui sont en désaccord avec le gouvernement y réfléchissent à deux fois avant de s’exprimer », a déclaré Josef Benedict.

Pour des centaines de milliers de Rohingyas et d’autres personnes, faire entendre leurs opinions durant cette élection n’est même pas envisageable, car ils sont victimes d’un déni de droits.

Privés de leurs cartes d’enregistrement temporaires - aussi connues sous le nom de « cartes blanches » - cette année, ils ne pourront pas voter dimanche 8 novembre, bien qu’ils aient pu participer aux élections de 2010 et 2012. De nombreux candidats musulmans et rohingyas ont également été disqualifiés pour des motifs discriminatoires, tandis que les autorités n’ont pas combattu les appels à la haine et les incitations à la discrimination et à la violence contre les musulmans.

« L’exclusion effective des Rohingyas dans cette élection met en relief des discriminations graves et tenaces, et devrait alarmer la communauté internationale. Elle montre clairement que les autorités du Myanmar ne sont pas désireuses de trouver des solutions à la situation des Rohingyas qui soient respectueuses de leur dignité et de leurs droits fondamentaux », a déclaré Josef Benedict.

Vendredi 6 novembre, deux jours avant les élections, le bilan du Myanmar en matière de droits humains sera examiné dans le cadre de l’Examen périodique universel du Conseil des droits de l’homme des Nations unies, à Genève.

Il est crucial que la communauté internationale tire parti de cette procédure pour inciter les autorités du Myanmar à essayer de résoudre les graves problèmes que connaît leur pays en matière de droits fondamentaux.

« Si l’élection de dimanche 8 est un moment important de l’histoire du pays, le degré d’engagement des autorités en faveur d’une réforme sur le terrain des droits humains sera révélé dans les jours, les semaines, les mois et les années qui suivront la fermeture des bureaux de vote », a déclaré Josef Benedict.

Pour en savoir plus, consultez la synthèse « Retour aux vielles habitudes : Une nouvelle génération de prisonniers d’opinion au Myanmar »

Crédit photo : AFP/Getty Images

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