MYANMAR - U Win Tin, 75 ans, journaliste, doit être remis en liberté immédiatement

AMNESTY INTERNATIONAL
REPORTERS SANS FRONTIÈRES
INTERNATIONAL PEN


Index AI : ASA 16/021/2005

DÉCLARATION PUBLIQUE

Amnesty International, International PEN et Reporters sans frontières ont lancé ce vendredi 1er juillet un appel urgent au State Peace and Development Council (SPDC, Conseil national pour la paix et le développement) pour qu’il libère immédiatement et sans condition U Win Tin, journaliste birman, conseiller de la National League for Democracy (NLD, Ligue nationale pour la démocratie). Arrêté il y a seize ans, le 4 juillet 1989, il purge actuellement une peine de vingt années d’emprisonnement. Il est le plus ancien prisonnier d’opinion au Myanmar.

Dans trois semaines, Win Tin pourrait bénéficier d’une remise en liberté anticipée pour bonne conduite. Il doit être remis en liberté, immédiatement et sans condition et avec lui, tous ceux qui n’auraient jamais dû être emprisonnés en première instance mais qui ont été les victimes d’une justice abusive.

Amnesty International et Reporters sans frontières ont déposé des pétitions réclamant sa libération aux ambassades du Myanmar (Birmanie) à Paris et à Londres et feront parvenir d’autres pétitions aux représentants diplomatiques du Myanmar à Hong Kong.

U Win Tin est en prison depuis seize ans, en raison de son opposition politique pacifique aux autorités. Il a été privé de ses droits fondamentaux, notamment le droit à un procès équitable, le droit d’avoir de quoi écrire et le droit à des conditions humaines de détention. Son emprisonnement témoigne de la façon dont la justice du Myanmar a été utilisée pour faire taire tous ceux qui cherchaient à exercer leur droit à l’exercice pacifique de la liberté d’expression.

U Win Tin a été emprisonné en raison de son rôle important au sein de la Ligue nationale pour la démocratie ; il a été condamné à des années supplémentaires de détention pour avoir tenté d’alerter les Nations unies des violations des droits humains qui ont cours dans les prisons du Myanmar. Les autorités l’ont également accusé d’avoir rédigé un magazine et des poèmes destinés à être lus en prison où la possession de tout matériel pouvant servir à l’écriture a été interdit par les autorités. Son état de santé n’est pas bon, il s’est dégradé du fait des traitements subis en prison, notamment du fait d’actes de torture ; privé de traitement médical approprié, il a été détenu dans une cellule destinée aux chiens policiers, sans draps ni couverture et privé d’eau et de nourriture pendant de longues périodes.

Complément d’information


Il y a plus de 1 350 prisonniers politiques au Myanmar, parmi lesquels beaucoup sont des prisonniers d’opinion, sanctionnés pour avoir tenté d’exercer pacifiquement leur droit à la liberté d’expression ; certains ont notamment été sanctionnés pour avoir photocopié des tracts sans autorisation officielle ou pour avoir été pris en possession de littérature ou de journaux politiques publiés en dehors du Myanmar. Parmi eux se trouve U Win Htein, que les autorités ont condamné parce qu’il aurait demandé à un ancien prisonnier politique étudiant de parler à des journalistes étrangers de la torture Beaucoup de ces prisonniers sont âgés ou infirmes, ou ont été condamnés à des peines tellement lourdes qu’ils seront âgés de plus de soixante-dix ou quatre-vingts ans à leur libération. Les autorités continuent d’arrêter et de détenir au secret des militants politiques, leur refusant la possibilité de consulter un avocat et de bénéficier des garanties d’une procédure régulière. Militants et anciens prisonniers politiques continuent aussi d’être harcelés par les autorités.

Pour signer la pétition appelant à la remise en liberté de U Win Tin et des autres prisonniers d’opinion du Myanmar, merci de vous rendre sur le site : http://www.rsf.org/article.php3?id_article=2059

Pour les appels concernant les autres prisonniers au Myanmar et pour toute information concernant l’emprisonnement de U Win tin, consulter le site : http://web.amnesty.org/library/fra-mmr/index

Pour obtenir de plus amples informations, veuillez contacter le Service Presse d’Amnesty International au 02 543 79 04 ou consulter les sites http://www.amnesty.be et http://www.amnesty.org

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