« Ne bradez pas la vérité » : José Manuel Barroso doit défendre les droits humains en Ouzbékistan

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Bruxelles, le 24 janvier 2011

Amnesty International exhorte José Manuel Barroso,
président de la Commission européenne, qui recevra la visite le 24 janvier d’Islam
Karimov
, président de l’Ouzbékistan, de placer les droits humains au cœur de leurs
discussions.


« Chaque jour en Ouzbékistan, des gens sont harcelés, torturés,
roués de coups et incarcérés simplement parce qu’ils s’expriment, a
indiqué Nicolas Beger, directeur du Bureau européen d’Amnesty International.
Aussi importantes que puissent paraître les relations commerciales, l’Union
européenne (UE) ne doit pas fermer les yeux sur ces violations flagrantes des droits
fondamentaux. »

En Ouzbékistan, les défenseurs des droits humains et les journalistes
indépendants sont régulièrement soumis à des mesures de
harcèlement, aux coups et à la détention sans bénéficier
d’un procès équitable. L’un d’entre eux, Isroïl Kholdorov, a
été condamné à une peine de six ans d’emprisonnement en
février 2007, après avoir exercé de manière pacifique ses droits
à la liberté d’expression et de réunion.

Amnesty International a fréquemment critiqué la faiblesse de l’UE
vis-à-vis de l’Ouzbékistan concernant la question des droits fondamentaux,
notamment lorsque l’Union a décidé de lever les sanctions imposées au
lendemain du massacre perpétré par les forces de sécurité à
Andijan en mai 2005. En octobre de la même année, l’UE avait demandé la tenue
d’une enquête indépendante et internationale sur ces événements.
Cependant, elle a depuis levé toutes les sanctions, sans qu’aucune enquête
n’ait été ordonnée. En conséquence, le gouvernement ouzbek a
déclaré qu’il considère que la question est close

. « Il est tout
simplement impossible de brader la vérité sur le massacre d’Andijan, a
indiqué Nicolas Beger. José Manuel Barroso, en acceptant cette rencontre, contribue
à accroître la pression exercée par les forces de sécurité sur les
défenseurs ouzbeks des droits humains, leurs familles et ceux qui vivent en exil. »

Amnesty International encourage l’UE à établir une présence
diplomatique sur le terrain en Ouzbékistan, à condition de veiller à ce
qu’elle compte parmi ses membres une personne expérimentée chargée
à temps plein de veiller au respect des droits humains, les organisations internationales
n’étant pas autorisées à se rendre dans le pays pour surveiller la
situation en la matière.

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