Niger : Amnesty International demande la libération immédiate et inconditionnelle de Moussa Kaka

Communiqué de presse

AFR 43/002/2007

Amnesty International appelle à la libération inconditionnelle et immédiate
du journaliste nigérien, Moussa Kaka, que l’organisation considère comme un
prisonnier d’opinion détenu uniquement en raison de ses activités en tant
que journaliste.

Moussa Kaka, directeur de la station privée Radio Saraouniya et
correspondant au Niger de Radio France Internationale (RFI) a été arrêté le
20 septembre 2007 et placé en garde à vue durant 72 heures avant d’être
transféré à la prison civile de Niamey, sans avoir été présenté au parquet
comme le stipule la loi et sans que le procureur lui notifie le motif de
son incarcération.

Il a finalement été présenté, le 25 septembre 2007, devant un juge
d’instruction qui l’a inculpé de « complicité de complot contre l’autorité
de l’État » en raison de ses liens présumés avec le groupe d’opposition
armé touareg, le Mouvement des Nigériens pour la justice (MNJ), crée en
février 2007. La peine maximale pour un tel motif d’inculpation est la
prison à vie.

Selon les informations recueillies par Amnesty International, les autorités
reprochent à Moussa Kaka ses contacts téléphoniques avec les membres du
MNJ.

« Amnesty International considère que le fait de contacter et de donner la
parole a toutes les parties à un conflit entre dans le cadre normal du
travail d’un journaliste indépendant et ne peut en aucun cas constituer en
soi une infraction »
, précise aujourd’hui Erwin Van Der Borght, directeur
du programme Afrique d’Amnesty International.

Moussa Kaka est depuis un certain temps la cible de harcèlements et de
menaces de la part des autorités nigériennes pour avoir accompli son
travail de journaliste de manière indépendante. C’est ainsi que ce
journaliste a été publiquement menacé de mort, le 14 juillet 2007, par le
chef d’état major des forces armées nigériennes (FAN), Moumouni Boureima.

Par ailleurs, d’autres organes de presse nigériens et internationaux ont
été la cible d’atteintes à la liberté d’expression. C’est ainsi que, début
juillet 2007, le bimensuel Aïr-Info a été suspendu pour trois mois et
que, le 19 juillet 2007, la diffusion des émissions de Radio France
internationale (RFI) ont été interdites. De plus, le Conseil supérieur de
la communication (CSC) du Niger a interdit, le 31 août 2007, les débats en
direct à la radio sur la situation dans la région d’Agadez.

« Amnesty International craint que l’arrestation et l’inculpation de Moussa
Kaka ne soit que la dernière manifestation de cette série d’intimidations
contre la liberté de presse et ne révèle une volonté de museler la liberté
d’expression »
, précise aujourd’hui Erwin Van Der Borght.

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