Nigeria : Attentats meurtiers de Boko Haram

En perpétrant les attentats coordonnés qui ont fait au moins 17 morts et 34 blessés mercredi 7 juin 2017 dans la soirée, Boko Haram a non seulement commis un acte cruel et illégal mais a aussi fait preuve d’un mépris abject à l’égard de la vie humaine, a déclaré Amnesty International vendredi 9 juin 2017, après avoir recueilli des récits de témoins à Maiduguri.

« Il faut que le groupe Boko Haram cesse de prendre pour cible des civils en toute illégalité et de les tuer de manière cruelle. Ces terribles attentats ont eu lieu au moment où les musulmans rompaient le jeûne, en plein mois de Ramadan, et sont la preuve d’un mépris total à l’égard de la vie humaine », a déclaré Osai Ojigho, directrice d’Amnesty International Nigeria.

« Les autorités nigérianes doivent s’efforcer de protéger les civils et de traduire en justice les véritables auteurs de toutes les attaques de ce type mais, au lieu de cela, elles arrêtent des centaines de suspects et les détiennent pour une durée indéterminée et dans des conditions déplorables, qui mettent leur vie en danger. »

Le premier attentat a eu lieu vers 18 h 30. Des combattants de Boko Haram ont tiré à l’aveugle dans le quartier de Jiddari Polo, à Maiduguri, l’une des plus grandes villes du nord du pays. Aux alentours de 21 heures, quatre kamikazes ont activé leurs charges explosives près de l’Institut de recherche du bassin du lac Tchad, dans le quartier de Goni Kachallari.

Un témoin a indiqué à Amnesty International avoir entendu quatre détonations, dont une à proximité immédiate. Deux de ses enfants, des jumeaux de 13 ans, ont été blessés par des éclats.

« Certaines de leurs blessures étaient minimes mais d’autres, plus graves ; l’un a eu le nez coupé en deux. J’ai cherché rapidement des morceaux de tissu, que j’ai noués pour empêcher le nez de se détacher et stopper le saignement. »

Cet homme a expliqué que ses voisins et lui avaient prodigué les premiers soins à des personnes blessées dans l’explosion et les avaient accompagnées à l’hôpital.

« Au total, nous avons emmené 17 personnes à l’hôpital, des adolescents pour la plupart. Deux sont décédées. »

Bien que Boko Haram n’ait pas revendiqué ces récents attentats, Amnesty International estime, en se fondant sur l’analyse des événements et sur les renseignements obtenus auprès de témoins et de défenseurs des droits humains, que la méthode employée et les cibles visées correspondent au mode opératoire du groupe.

Complément d’information

Au cours des trois derniers mois, Boko Haram a lancé au moins 10 attaques dans l’État de Borno, faisant 57 morts.

Amnesty International recueille des éléments sur les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité commis par ce groupe depuis 2009.

En avril 2015, l’organisation a publié un rapport (en anglais) intitulé ’Our job is to shoot, slaughter and kill’ : Boko haram’s reign of terror in north east Nigeria.Elle y faisait état d’actes perpétrés par Boko Haram qui s’apparentaient à des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité.

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