Nigéria. Élections locales – les leçons du passé n’ont pas servi

Déclaration publique

AFR 44/027/2007 (Public)

Amnesty International demande instamment aux gouverneurs des 36 États nigérians et du Territoire de la capitale fédérale Abuja, de veiller à ce que la protection des droits humains soit la première des priorités pendant et après les élections locales des mois de novembre et décembre 2007.

Des violences politiques ont déjà été signalées dans plusieurs États. Les faits les plus graves se sont produits dans l’État de Kano, où la mort de six personnes a été confirmée par la police. Des partisans du People’s Democratic Party (PDP, Parti démocratique du peuple) et du All Nigeria People’s Party (ANPP, Parti populaire de tout le Nigéria) se sont affrontés à l’issue du scrutin du 17 novembre. Selon des informations reçues par Amnesty International, une vingtaine de personnes pourraient avoir été tuées dans différentes régions de l’État de Kano. À la suite de ces violences, le gouvernement fédéral a déployé l’armée dans l’État de Kano. Dans l’État de Kwara, un journaliste témoin d’irrégularités lors du scrutin a été agressé par des militants politiques. Dans l’État de Benue, un membre du PDP aurait reçu des menaces de morts de ses adversaires politiques.

Avant les élections générales et parlementaires de mai 2007, Amnesty International avait appelé publiquement les hommes politiques nigérians à protéger les droits humains et à s’abstenir de recourir à la violence avant, pendant et après le scrutin. Malgré les avertissements lancés par la société civile tant internationale que nigériane, les élections de mai 2007 ont fait 200 morts. Parmi les personnes assassinées se trouvaient des candidats à des fonctions politiques comme Chief Funsho Williams, candidat au poste de gouverneur de l’État de Lagos et Ayo Daramola, candidat au poste de gouverneur de l’État d’Ekiti.

Au cours de la période électorale, des journalistes ont été agressés, des électeurs ont été victimes d’actes d’intimidation et de harcèlement et de nombreux biens privés ont été détruits. La campagne électorale a été caractérisée par l’intervention de bandes armées recrutées par des hommes poltiques pour provoquer des violences politiques et se livrer aux atteintes aux droits humains qui y sont généralement associées. Six mois plus tard, les leçons de l’expérience du mois de mai 2007 ne semblent pas avoir été apprises.

La résurgence de ces atteintes aux droits fondamentaux des personnes est le résultat de l’absence de mesures préventives de la part des autorités, qui n’ont pas non plus engagé de poursuites contre les auteurs présumés des violences passées. Cette absence de réaction perpétue l’impunité et incite les auteurs de ces actes à commettre de nouvelles exactions, du fait qu’ils sont persuadés qu’ils n’auront pas à rendre de comptes.

Avec des élections locales programmées dans plusieurs États au cours des prochaines semaines, Amnesty International craint que le nombre de victimes des violences politiques n’augmente.
Amnesty International appelle tous les gouverneurs des États et les autorités locales à :

  s’engager sans équivoque en faveur de la protection des droits humains, avant, pendant et après les scrutins locaux ;

  renoncer publiquement à soutenir des bandes armées.

Amnesty International demande également aux gouverneurs des États :

  d’enquêter sur toutes les atteintes aux droits humains perpétrées par des hommes politiques et leurs partisans ;

  poursuivre en justice les auteurs présumés d’atteintes aux droits humains.

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