NIGÉRIA : Le respect des droits humains : capital pendant et après les élections

Index AI : AFR 44/010/2003

Amnesty International appelle tous les candidats des prochaines élections
présidentielles, fédérales et au niveau des États du Nigéria à s’engager
publiquement à placer la prévention des atteintes aux droits humains
fondamentaux pendant les élections au cœur de leur campagne électorale.

L’appel d’Amnesty International intervient au lendemain de ce qui semble
bien être un nouvel homicide politiquement motivé en cette période
électorale, celui de Harry Mashall, membre important du All Nigeria People’s
Party (APP, Parti populaire du Nigéria).

Dans deux lettres ouvertes, l’une aux candidats aux postes exécutifs et
législatifs au niveau fédéral, l’autre aux candidats aux postes de
gouverneurs des États et au parlement, Irene Khan, secrétaire générale
d’Amnesty International, a souligné que la protection et la promotion des
droits humains devraient être au centre des programmes des candidats pour la
période post-électorale.

Elle a rappelé que c’était lors de périodes électorales, dans le passé,
qu’avaient eu lieu les violences les plus graves dont le Nigéria a
souffert, avec pour résultat, à de nombreuses reprises, la prise du pouvoir
par les militaires.

« Le respect des droits humains pendant le processus électoral est capital
et cela encore plus lorsque la stabilité politique pourrait en dépendre », a
déclaré Amnesty International.

Toutefois, de nombreuses affaires de violence politique ont été signalées à
tous les niveaux (fédéral, des États et local) pour la période précédant les
élections. Des candidats et plusieurs militants y ont trouvé la mort.
Dans le pays, des allégations font état de groupes de civils, dont des
groupes d’autodéfense, qui seraient armés par des dirigeants politiques,
pour fomenter des troubles politiques avec violence à l’échelle locale et
nationale.

« Si des mesures immédiates et durables ne sont pas prises pour empêcher les
atteintes aux droits humains par les groupes d’autodéfense et autres groupes
armés, de nouvelles atteintes aux droits humains fondamentaux sont
inévitables », a ajouté Irene Khan.

« Tous les candidats aux postes exécutifs et législatifs au niveau fédéral,
ainsi que tous les candidats aux postes de gouverneurs et au parlement
doivent faire leur maximum pour empêcher toute violence politique, que
celle-ci émane de dirigeants ou de militants de leurs propres partis
politiques et soit due à des querelles internes ou qu’elle soit dirigée
contre les chefs ou sympathisants d’autres partis », a indiqué
l’organisation.

Les candidats doivent également éviter d’exacerber les tensions ethniques ou
religieuses parmi l’électorat.

Agenda post-électoral concernant les droits humains

Dans sa lettre ouverte, Amnesty International demande aux candidats aux
postes exécutifs et législatifs au niveau des Etats et au niveau fédéral de
donner la priorité aux droits humains dans leur agenda post-électoral.

Les nouvelles autorités devraient veiller à ce que la législation de chaque
Etat soit conforme au droit international relatif aux droits humains et à la
Constitution du Nigéria. Plusieurs États du nord du pays ont adopté la
législation pénale islamique qui prévoit la peine capitale automatique dans
un certain nombre de cas et d’autres traitements cruels, inhumains ou
dégradants, cela en dépit de la ratification par le Nigéria de nombreux
instruments internationaux relatifs aux droits humains.

En outre les nouvelles autorités des États ayant tacitement ou ouvertement
encouragé des groupes d’autodéfense devraient veiller à ce que ces groupes
ne portent pas atteinte aux droits humains fondamentaux des personnes.

Au niveau fédéral, Amnesty International appelle tous les candidats aux
postes exécutifs et législatifs à s’engager à rendre public le rapport de la
Commission d’enquête sur les violations des droits humains (Commission
Oputa) et à présenter un plan de mise en application de ses recommandations.

Au cours des quatre années passées de régime civil, la police et les forces
armées du Nigéria ont été responsables d’un grand nombre d’exécutions
extrajudiciaires, de morts en détention, d’actes de torture et autres
traitements cruels, inhumains ou dégradants envers de présumés criminels en
détention.

« Les représentants nouvellement élus au niveau fédéral devraient donner la
priorité à la mise en place de programmes de formation à l’intention de la
police fédérale et des forces armées, incluant un chapitre spécifique sur
l’usage de la force selon les normes internationales », a déclaré Amnesty
International.

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