Pakistan. Hayatullah Khan – déni de justice un an après sa mort


Déclaration publique

ASA 33/011/2007

Le 16 juin 2007, cela fera un an que le corps du journaliste Hayatullah Khan a été découvert près de la localité de Mir Ali, dans le nord du Waziristan, une région classée en zone tribale. Les conclusions de deux enquêtes officielles sur l’enlèvement et la mort du journaliste ont été remises au gouvernement pakistanais mais n’ont pas été rendues publiques. À cette occasion, Amnesty International renouvelle sa demande d’ouverture immédiate d’une enquête publique indépendante sur les circonstances de la mort du journaliste. L’organisation demande également que tous les rapports d’enquête soient immédiatement rendus publics. L’organisation redemande au gouvernement pakistanais de faire tout ce qui est en son pouvoir pour traduire en justice les responsables présumés de la mort de Hayatullah Khan.

Hayatullah Khan a été enlevé par cinq hommes armés masqués le 5 décembre 2005. Il avait diffusé des photographies de morceaux de missile à l’appui de témoignages faisant état d’une attaque d’avions sans pilotes (drones) par l’armée américaine le 1er décembre dans le nord du Waziristan.

Complément d’information
Hayatullah Khan travaillait comme journaliste pour le quotidien en langue anglaise The Nation , le quotidien en langue ourdou Ausaf et comme photographe pour l’agence European Press Photo Agency. Il était également secrétaire général de l’Union des journalistes des zones tribales, regroupant les journalistes travaillant dans les zones tribales du Pakistan, proches de la frontière afghane.

Hayatullah Khan allait faire un reportage sur une manifestation organisée pour protester contre une attaque de missile sur une maison le 1er décembre 2005, dans le village de Haisori, dans le nord du Waziristan. Abou Hamza Rabia, ressortissant égyptien et militant présumé d’Al Qaïda, ses deux gardes du corps syriens ainsi que deux Pakistanais avaient, semble-t-il, péri dans l’attaque.

Hayatullah Khan fut le premier journaliste à photographier les morceaux de missile que des villageois affirmaient avoir trouvé dans les décombres de la maison. Les morceaux de missile trouvés sur place porteraient les inscriptions « AGM-114 », « missile guidé » et les initiales « US ». On pense qu’il s’agit d’une partie d’un missile Hellfire. Ces missiles sont utilisés par les avions sans pilote Predator (drones) de l’armée de l’air américaine.

Le corps de Hayatullah Khan a été retrouvé menotté et tout indique qu’il a été abattu de dos. Les menottes seraient du type de celles utilisées par les services de sécurité.

Marathon 2017 : SIGNEZ POUR LES DÉFENSEURS DES DROITS HUMAINS

Cette année, les 10 individus en danger du Marathon des lettres sont des défenseurs des droits humains. Ils ont tous besoin de votre aide. Nous vous proposons de signer pour eux, en un seul clic.