PAKISTAN - Les homicides sur la personne d’ahmadis se poursuivent en toute impunité

Index AI : ASA 33/028/2005

DÉCLARATION PUBLIQUE

Amnesty International craint que les auteurs de l’attaque du vendredi 7 octobre 2005 contre une mosquée ahmadiyya ne restent impunis, et que de telles attaques ne se poursuivent si les autorités pakistanaises ne réagissent pas rapidement en déférant à la justice les personnes soupçonnées d’être responsables de ces agissements, et en prenant des mesures pour protéger les ahmadis contre de futures attaques.

La violence dont ne cesse d’être victime la communauté ahmadiyya au Pakistan s’est une fois de plus manifestée le 7 octobre 2005 lorsque des croyants ont été attaqués dans une mosquée du village de Mong, non loin de la ville de Mandi Behauddin, dans la province du Pendjab. Huit personnes ont été tuées et au moins dix-huit autres blessées lors de cette attaque. La police a indiqué que trois hommes masqués s’étaient approchés, sur une motocyclette, de la mosquée et qu’ils avaient pénétré dans le bâtiment et tiré sur les personnes rassemblées là pour les prières du vendredi. Des témoins ont vu les hommes s’échapper sur la moto, laissant derrière eux huit morts et de nombreuses personnes en larmes et couvertes de sang.

Les enquêtes policières sur les homicides dont ont été victimes précédemment des ahmadis au Pakistan, quant elles ont eu lieu, ont toujours été extrêmement lentes. Dans de nombreux cas, les auteurs présumés de ces attaques n’ont pas été traduits en justice. Amnesty International est convaincue que les atteintes aux droits humains contre les membres des minorités religieuses se poursuivront si le gouvernement continue de ne pas enquêter sur les attaques et les homicides dont sont victimes ces groupes. Le droit à la liberté de religion tel qu’il est énoncé dans la Constitution pakistanaise et dans le droit international relatif aux droits humains doit se transformer en réalité pour toutes les minorités religieuses du Pakistan.

Année après année, Amnesty International a été informée d’homicides perpétrés contre des ahmadis, le plus souvent en toute impunité. Dans certains cas, ce sont les ahmadis pris pour cibles qui ont été inculpés d’infractions pénales. En octobre 2000, par exemple, huit ahmadis ont été assassinés dans le village de Ghatialian (district de Sialkot) dans des circonstances similaires à celles de l’attaque de vendredi dernier. Des hommes armés avaient ouvert le feu sur des ahmadis rassemblés dans une mosquée pour le culte. Cinq ahmadis témoins de la scène qui avaient signalé les faits à la police en même temps que 21 autres ahmadis ont été arrêtés, et plusieurs d’entre eux purgent toujours une peine de réclusion à perpétuité pour ce qu’Amnesty International considère comme des infractions pénales forgées de toutes pièces. Aucun des hommes armés n’a jamais été arrêté ni déféré à la justice.

Complément d’information

Les ahmadis se considèrent comme des musulmans mais sont traités comme des hérétiques par les musulmans orthodoxes du Pakistan. En 1974, les ahmadis ont été déclarés non musulmans au Pakistan et, depuis lors, plusieurs lois ont été adoptées selon lesquelles les ahmadis qui professent, observent les pratiques du culte musulman ou propagent leur foi se rendent coupables d’infractions pénales. Des dizaines d’ahmadis ont été inculpés d’infractions à caractère religieux pour avoir prêché ou donné le nom de mosquée à leur lieu de culte. Plusieurs ont été inculpés de blasphème, une infraction passible obligatoirement de la peine de mort aux termes de l’article 295C du Code pénal pakistanais. À ce jour, toutes les condamnations à mort pour blasphème ont été annulées par les instances supérieures.

Amnesty International a demandé aux gouvernements qui se sont succédé au Pakistan d’abolir la législation relative aux infractions à caractère religieux qui transforme de fait en infraction l’exercice du droit à la liberté de religion par les ahmadis, ainsi que la pénalisation du blasphème aux termes de l’article 295C du Code pénal pakistanais.

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