Papouasie-Nouvelle-Guinée. Les autorités ne doivent pas revenir en arrière concernant la peine de mort

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

ÉFAI-
14 juillet 2009

Le gouvernement de Papouasie-Nouvelle-Guinée doit abolir la peine de mort, et non la remettre au goût du jour, ont déclaré Human Rights Watch et Amnesty International dans une lettre adressée conjointement à Allan Marat, ministre de la Justice et procureur général. Dans ce courrier daté du 10 juillet, les deux organisations de défense des droits humains ont mis en cause les déclarations de représentants du gouvernement papou qui demandent que des mesures soient prises afin de permettre la tenue d’exécutions.

Au regard de crimes de sang commis récemment, notamment l’homicide présumé de quatre enfants par leur mère, certains représentants de l’État ont annoncé qu’ils envisageaient de rétablir les exécutions. Allan Marat a déclaré il y a peu à des journalistes que son bureau élaborait les réglementations nécessaires. La Papouasie-Nouvelle-Guinée n’a procédé à aucune exécution depuis 1954, bien que le Parlement ait rétabli la peine de mort pour homicide volontaire en 1991.

« En procédant à de nouvelles exécutions, la Papouasie-Nouvelle-Guinée ferait un très grand pas en arrière et s’écarterait de la tendance mondiale qui prévaut tant au niveau de l’opinion publique que de la pratique, a soutenu Zama Coursen-Neff, directrice adjointe de la division Droits de l’Enfant de Human Rights Watch. Le pays doit consolider son système de justice pénale, mais aucun élément ne prouve que la peine capitale a un effet réellement plus dissuasif que d’autres châtiments. »

Amnesty International et Human Rights Watch s’opposent à la peine capitale en toutes circonstances, en tant que violation des droits fondamentaux – du droit à la vie et du droit de ne pas être soumis à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants. Les deux organisations ont invité la Papouasie-Nouvelle-Guinée à abolir la peine de mort et à ratifier le Deuxième Protocole facultatif se rapportant au Pacte international relatif aux droits civils et politiques. Elles l’ont également encouragée à renforcer son système judiciaire, afin que les personnes reconnues coupables de crimes encourent des châtiments justes, dans le respect des normes internationales.

«  La peine de mort est une violation du droit à la vie et la Papouasie-Nouvelle-Guinée entamerait sa crédibilité si elle la réintroduisait, a déclaré Apolosi Bose, chercheur d’Amnesty International sur les îles pacifiques. Au contraire, elle doit défendre les garanties du droit à la vie et du droit de ne pas être soumis à des traitements cruels, inhumains ou dégradants inscrites dans sa propre Constitution et dans les instruments juridiques internationaux. »

La peine de mort a été abolie en droit dans 94 pays. Seule une faible minorité d’États – 25 en 2008 – continue de procéder à des exécutions.

Pour lire la lettre adressée par Human Rights Watch et Amnesty International à Allan Marat, ministre de la Justice et procureur général de Papouasie-Nouvelle-Guinée, veuillez cliquer sur :
http://www.hrw.org/en/news/2009/07/10/letter-papua-new-guinea-minister-justice

Pour en savoir plus sur le travail de Human Rights Watch en Papouasie-Nouvelle-Guinée, veuillez cliquer sur : http://www.hrw.org/en/asia/papua-new-guinea

Pour en savoir plus, veuillez contacter :
À New York, pour Human Rights Watch, Zama Coursen-Neff (anglais, espagnol) : +1-212-216-1826.

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