PAYS MEMBRES DU G8 : Les droits humains ne se marchandent pas

Index AI : POL 30/002/2003

Lundi 2 juin 2003

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Amnesty International appelle les dirigeants des pays membres du G8,
actuellement réunis en France, à Évian, à tenir les promesses qu’ils ont
faites lors du sommet de l’an dernier, où ils s’étaient engagés à promouvoir
la paix et la sécurité en Afrique.

« Les dirigeants des pays du G8 peuvent, par une action déterminée,
permettre aux Africains d’échapper aux effets dévastateurs de la guerre, a
déclaré Amnesty International. Si les membres du G8 veulent vraiment que les
choses changent en Afrique, ils doivent agir à la source du problème,
c’est-à-dire sur le commerce d’armes et de richesses naturelles qui nourrit
les conflits, dans tout le continent. »

La situation que connaît la République démocratique du Congo est peut-être
l’exemple le plus terrible des conséquences que peuvent avoir sur les droits
des populations les affrontements suscités par l’actuelle ruée vers les
ressources naturelles et alimentés par la libre circulation des armes.

Selon certaines estimations, le conflit dans ce pays aurait fait jusqu’à
trois millions de morts depuis 1998. Des centaines de milliers de civils
congolais ont été torturés et tués lors de combats opposant des belligérants
soucieux de mettre la main sur des zones riches en ressources naturelles.
Des milliers d’autres sont morts de faim, privés de toute assistance
humanitaire, après avoir dû fuir leurs villes ou leurs villages. C’est dans
l’Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo, qu’ont eu
lieu les pires violences. Cette région est le théâtre de massacres et de
viols perpétrés par les membres d’une ethnie contre ceux d’une autre, chaque
attaque déclenchant des représailles, les violences succédant aux violences
dans un cycle sans fin.

Il semble de plus en plus probable qu’une force internationale va être
envoyée dans la région de l’Ituri. C’est ce que demandait Amnesty
International, qui ne peut que se réjouir de cette perspective.
L’organisation de défense des droits humains insiste sur le fait que cette
force d’intervention rapide doit être dotée d’un mandat solide, lui
permettant d’assurer le maintien de l’ordre et le respect de la légalité à
Bunia, d’y protéger la population civile, de repérer et de protéger les
civils ayant fui la ville, et de faire en sorte que les civils en détresse
reçoivent l’assistance humanitaire dont ils ont besoin.

« La solution à la crise que connaît l’est de la République démocratique du
Congo passe cependant par la prévention. Soigner ne suffit pas. Le G8 doit
agir résolument pour couper les liens qui existent entre le commerce des
armes, celui des richesses naturelles et les conflits de ce genre. »

Les pays du G8 doivent pour commencer élaborer un traité sur les ventes
d’armes dans le monde, instituant des systèmes nationaux obligatoires de
contrôle des exportations. Un tel traité permettrait d’interrompre
l’approvisionnement en armes des auteurs d’atteintes aux droits humains et
rendrait plus difficiles les violations des embargos sur les fournitures
d’armes décrétés par les Nations unies, actuellement commises, souvent avec
la complicité de responsables gouvernementaux, par les entreprises, les
marchands et les courtiers.

Amnesty International appelle également les pays membres du G8 à affirmer
publiquement leur soutien aux travaux de la sous-commission des Nations
unies chargée de la rédaction d’un projet de principes et responsabilités en
matière de droits humains à l’intention des sociétés transnationales. Les
entreprises ayant leur siège dans un pays membre du G8 doivent être tenues
responsables des activités qu’elles ont à l’étranger et qui peuvent
contribuer à des atteintes aux droits humains. Les gouvernements doivent
renforcer leurs législations nationales, afin que les entreprises respectent
les droits fondamentaux partout où elles agissent.

« Ce n’est qu’en prenant des mesures fortes dans le secteur du commerce des
armes et en matière de responsabilité des entreprises impliquées dans le
commerce des ressources naturelles que les pays du G8 oeuvreront vraiment
pour la paix et la sécurité en Afrique, comme ils l’ont promis », a conclu
Amnesty International.

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