Communiqué de presse

Pierre Claver Mbonimpa est un prisonnier d’opinion

Le vendredi 22 août 2014, Amnesty International a officiellement intégré Pierre Claver Mbonimpa à la campagne Personnes en danger, qui a pour but de protéger dans le monde entier les droits des personnes touchées par des atteintes aux droits humains.

Défenseur des droits humains respecté et internationalement reconnu, Pierre Claver Mbonimpa a été incarcéré pour avoir exercé pacifiquement ses convictions légitimes, dictées par sa conscience. Il s’agit d’un prisonnier d’opinion, et les autorités burundaises doivent le mettre en liberté sans délai et sans condition.

Pierre Claver Mbonimpa, président de l’Association pour la protection des droits humains et des personnes détenues (APRODH), une association locale de défense des droits humains, a été appréhendé vers minuit le 15 mai 2014.

Son arrestation a eu lieu à la suite d’une intervention qu’il avait faite à la radio le 6 mai 2014, indiquant que des jeunes hommes recevraient des armes et des uniformes et se rendraient en République démocratique du Congo, un pays limitrophe, pour y suivre un entraînement militaire.

Depuis lors, il a été inculpé d’atteinte à la sûreté de l’État et d’usage de faux.

Dès son arrestation, sa mise en détention a été critiquée. Pierre Claver Mbonimpa est considéré très largement comme un homme courageux, résolu à protéger et à défendre les droits humains.

Au niveau national, Pierre Claver Mbonimpa a auprès des Burundais la réputation d’être un point de contact pour les victimes d’atteintes aux droits humains et leurs proches, notamment en cas d’homicides illégaux, de torture et de violences sexuelles ou liées au genre.

Chaque journée passée en prison par Pierre Claver Mbonimpa est une journée pendant laquelle ce remarquable défenseur des droits humains se voit empêché de mener à bien un travail essentiel en faveur des droits des plus vulnérables.

Les réseaux sociaux, la radio locale et certains groupes militants burundais ont fait preuve d’une grande énergie pour réclamer sa libération. Les militants burundais font maintenant de chaque vendredi un « vendredi vert » où tous les sympathisants s’habillent en vert, couleur qui évoque les tenues de prisonnier dans ce pays, en solidarité avec Pierre Claver Mbonimpa.

Bénéficiant pour son travail d’une reconnaissance internationale, Pierre Claver Mbonimpa a reçu le prix Martin Ennals pour les défenseurs des droits de l’Homme en 2007 et le prix Henry Dunant en 2011.

Pierre Claver Mbonimpa a déjà été victime d’une injustice. Ancien fonctionnaire de police avant de devenir défenseur des droits humains, il a été emprisonné entre 1994 et 1996 pour détention illégale d’une arme à feu, sur la base d’accusations sans fondement. La période passée en prison l’a incité à fonder l’APRODH une fois libéré.

Avant son arrestation, Pierre Claver Mbonimpa a fait à maintes reprises l’objet d’actes de harcèlement et d’intimidation et de convocations judiciaires en rapport avec son travail sur des questions sensibles, et notamment sur des violations commises par les services de sécurité étatiques.

Amnesty International, mouvement mondial qui regroupe 3 millions de personnes, est indépendante de tout gouvernement, de toute idéologie politique, de tout intérêt économique et de toute religion.

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