Communiqué de presse

Raif Badawi : des tricots et du bruit en soutien au blogueur

Agir en faveur de Raif Badawi

Près d’un mois après la décision de la Cour suprême saoudienne de confirmer la condamnation de Raif Badawi, Amnesty International a habillé les arbres situés face à l’ambassade d’Arabie saoudite de “tricots-graffitis” réalisés par ses militants.

« Nous sommes très reconnaissants envers nos militants qui continuent de se mobiliser de manière de plus en plus créative en faveur de la libération de Raif Badawi et de l’annulation de sa condamnation », explique Philippe Hensmans, directeur de la section belge francophone d’Amnesty International.

Par ailleurs, des activistes d’Amnesty se mobiliseront comme chaque mois devant l’ambassade accompagnés de percussions sonores pour réclamer haut et fort la libération du blogueur et l’annulation de ses peines (notamment 10 ans de prison et 1 000 coups de fouet).

« Nous appelons également le public à venir accrocher des cadenas à la chaîne placée devant l’ambassade depuis un mois, afin de démontrer son attachement à la cause de Raif Badawi et soutenir ainsi tous les activistes saoudiens emprisonnés et persécutés pour le simple fait d’avoir exprimé une opinion qui ne plaît pas aux autorités », rappelle Philippe Hensmans.

Le cas du blogueur saoudien continue d’entraîner une très forte mobilisation. Ainsi, ce sont plus de 1 100 000 signatures en sa faveur qui ont été récoltées à travers le monde, dont plus de 35 000 au niveau belge.

Cette mobilisation a commencé à porter ses fruits en Belgique puisque, le 16 juin dernier, suite à l’audition de l’épouse de Raif Badawi par Georges Dallemagne, la Commission des Relations extérieures de la Chambre a approuvé à l’unanimité une proposition de résolution de soutien au jeune Saoudien. Le texte demande notamment au gouvernement d’intervenir auprès des autorités saoudiennes afin que le blogueur soit libéré et sa condamnation annulée.

Complément d’information

Raif Badawi a été condamné le 7 mai 2014 par le Tribunal pénal de Djedda à 10 ans de prison et 1 000 coups de fouet, assortis d’une interdiction de voyager pendant 10 ans à l’issue de sa peine, d’une interdiction d’utiliser les médias et d’une amende de 1 million de riyals saoudiens (environ 226 000 euros). Ce jugement est lié à la création de son site internet « Libérez les libéraux saoudiens » (dont la Cour a ordonné la fermeture), et à des accusations selon lesquelles il aurait « insulté l’islam ». Raif Badawi était initialement inculpé d’« apostasie », infraction passible de la peine de mort en Arabie saoudite.

Malgré les efforts de son avocat, Waleed Abu al Khair, également en prison en raison de son militantisme pacifique, la Cour d’appel de Djedda a confirmé la condamnation de Raif Badawi le 1er septembre. Selon la décision finale de cette instance, Raif Badawi doit recevoir 50 coups de fouet consécutifs à un intervalle d’une semaine. La première séance a eu lieu en public le 9 janvier dernier. Les flagellations qui devaient avoir lieu les 16 et 23 janvier derniers ont été reportées pour raisons médicales. Depuis lors, aucun autre coup n’a été porté au blogueur, mais les autorités se sont abstenues de motiver les quatorze derniers reports (6, 13, 20 et 27 février ; 6, 13, 20 et 27 mars ; 3, 10, 17 et 24 avril ; 1er, 8, 15, 22 et 29 mai ; 5, 12, 19 et 26 juin). Il est pour l’heure impossible de savoir si Raif Badawi sera flagellé ce vendredi 3 juillet.

De façon générale, les autorités saoudiennes continuent de mener une campagne de persécution de grande ampleur à l’encontre des défenseurs des droits humains et des militants de la société civile, en engageant des poursuites judiciaires contre eux et en adoptant des mesures arbitraires telles que l’interdiction de voyager.

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