COMMUNIQUÉ DE PRESSE

République Centrafricaine — Agir de toute urgence pour remédier à la crise

République centrafricaine. Le Conseil de sécurité doit agir de toute urgence pour remédier à la crise

Les membres du Conseil de sécurité de l’ONU, notamment la France, les États-Unis et le Royaume-Uni, doivent peser de tout leur poids pour soutenir les propositions visant à résoudre la crise en République centrafricaine, a déclaré Amnesty International.

Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon doit présenter son rapport d’évaluation sur l’éventuelle transformation de la force de maintien de la paix sous conduite africaine en une mission de maintien de la paix de l’ONU, avant le 5 mars.

« Il est urgent que le Conseil de sécurité autorise cette opération de maintien de la paix de l’ONU, et que celle-ci dispose d’un mandat solide de protection des civils », a déclaré Netsanet Belay, directeur du programme Afrique d’Amnesty International.

Lors de ses missions successives en République centrafricaine, Amnesty International a pu constater que la Mission internationale d’aide à la République centrafricaine (MISCA) est sous-équipée et manque de ressources. Son manque de coordination avec les troupes françaises (l’opération « Sangaris ») n’a pas permis de mettre un terme aux massacres de civils ni au nettoyage ethnique de la communauté musulmane dans de nombreuses régions du pays.

« Les efforts entrepris pour remédier à la crise sont loin d’être suffisants et la nouvelle mission de l’ONU doit avoir la capacité d’affronter cette crise.
« Nous avons vu des soldats des forces de maintien de la paix se déployer dans des zones sans savoir ce qu’ils venaient y faire, ni même où ils se trouvaient. Leur moral était bas, leur équipement médiocre, et beaucoup d’entre eux se plaignaient d’être sans solde depuis des mois », a déclaré Netsanet Belay.

Les promesses de financement international de la MISCA doivent être pleinement tenues.

« Une grande partie des fonds promis pour renforcer l’opération de la MISCA n’ont pas été versés et nombre d’institutions internationales se rejettent mutuellement la responsabilité. Pendant ce temps, des centaines de milliers de personnes continuent d’être déplacées à l’intérieur du pays et des milliers de musulmans craignant pour leur vie cherchent à quitter la République centrafricaine.
« Le Conseil de sécurité doit prendre des mesures décisives. C’est une question de la plus haute urgence. Chaque jour compte. Des centaines de milliers de personnes souffrent. Sauver des vies doit prendre le pas sur la politique », a déclaré Netsanet Belay.


Notes aux rédacteurs

La semaine dernière, le secrétaire général de l’ONU a présenté au Conseil de sécurité une initiative en six points visant à renforcer les opérations existantes, qui comprend des renforts rapides de la MISCA et du contingent français à hauteur de 3 000 soldats et policiers, avec un commandement coordonné, ainsi qu’un soutien logistique et financier crucial pour les troupes africaines. Il a également proposé un plan destiné à améliorer les capacités des institutions gouvernementales et à consolider le système judiciaire.

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