ROYAUME-UNI : Refus honteux du gouvernement d’ouvrir immédiatement une enquête publique sur l’homicide de Patrick Finucane

Index AI : EUR 45/015/2004
ÉFAI

Jeudi 1er avril 2004

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

En n’ouvrant pas immédiatement une enquête publique sur l’homicide de l’avocat et défenseur des droits humains Patrick Finucane, le gouvernement du Royaume-Uni bafoue son engagement en faveur de la vérité et l’état de droit, a déclaré Amnesty International ce jeudi 1er avril. En se servant comme excuse d’une seule procédure pénale en cours, le gouvernement sape encore plus sa crédibilité, et suscite encore plus de questions sur ses intentions réelles.

« Il s’agit d’une opportunité réelle de connaître la vérité sur l’homicide de Patrick Finucane, et d’obtenir justice pour sa famille. Le refus du gouvernement du Royaume-Uni d’ouvrir immédiatement une enquête publique est honteux », a déclaré Amnesty International.

Contexte

Dès le mois d’octobre 1999, comme suite à une demande de Mo Mowlam, alors secrétaire d’État pour l’Irlande du Nord, Amnesty International a obtenu une décision juridique sur les relations entre la procédure pénale en cours et l’ouverture d’une information judiciaire. Cette décision a établi de manière irréfutable que l’ouverture d’une information judiciaire sur l’affaire de Patrick Finucane était amplement justifiée, et que la procédure en cours ne devait pas l’empêcher.

En avril 2003, le chef de la police métropolitaine, Sir John Stevens, a confirmé les fréquentes collusions entre des agents de l’État et des paramilitaires loyalistes, jusqu’au cas extrême de l’implication d’agents de l’État dans l’homicide de Patrick Finucane. En juillet 2003, la Cour européenne des droits de l’homme a décidé que les autorités du Royaume-Uni avaient violé le droit à la vie de Patrick Finucane en n’ouvrant pas une enquête diligente et efficace sur les allégations de complicité de leur personnel de sécurité dans l’homicide de Patrick Finucane.

Le juge Peter Cory, juge retraité de la Cour suprême canadienne, a été désigné en mai 2002 par les gouvernements britannique et irlandais pour enquêter sur le meurtre de Patrick Finucane, avocat spécialisé dans la défense des droits humains, et de Rosemary Nelson, commis respectivement en 1989 et en 1999. Il a également été chargé de mener une enquête sur les homicides commis sur la personne de Robert Hamill, catholique de vingt-cinq ans, (1997) ; du commissaire divisionnaire Harry Breen et du commissaire Bob Buchanan, membres de la police d’Irlande du Nord (1989) ; du juge Maurice Gibson et de Lady Cecily Gibson (1987), ainsi que sur le meurtre de Billy Wright, dirigeant paramilitaire loyaliste, abattu dans la prison de Maze en 1997.

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