Russie. Amnesty International condamne l’homicide d’Anna Politkovskaïa, journaliste et défenseure des droits humains

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

EUR 46/000/2006

Amnesty International est choquée, attristée et profondément révoltée par l’homicide d’Anna Politkovskaïa, journaliste et défenseure russe des droits humains.

Amnesty International estime qu’Anna Politkovskaïa a été visée en raison de son travail de journaliste, signalant les atteintes aux droits humains en Tchétchénie et dans d’autres régions de Russie.

« Amnesty International est consternée par le meurtre d’Anna Politkovskaïa », a déclaré Nicola Duckworth, directrice du programme Europe et Asie centrale de l’organisation. « La Russie a perdu une militante courageuse et dévouée des droits humains, qui dénonçait sans crainte la violence et l’injustice, et faisait inlassablement campagne pour que justice soit rendue. »

Amnesty International demande aux autorités russes d’enquêter sur cet homicide de manière approfondie et impartiale, de publier les conclusions de l’enquête et de traduire les responsables présumés en justice, conformément au droit international.

Amnesty International exhorte également le gouvernement russe à prendre des mesures urgentes pour que tous les défenseurs des droits humains et journalistes indépendants en Russie, notamment ceux qui travaillent dans la région du Caucase du Nord, puissent mener leurs activités en sécurité, sans crainte de harcèlement ou d’intimidation.

Amnesty International présente ses condoléances les plus sincères à la famille d’Anna Politkovskaïa.

Contexte

Selon des informations transmises par les médias, un responsable de la police a déclaré que ce samedi 7 octobre à 17h10, un voisin avait découvert Anna Politkovskaïa abattue par balles dans un ascenseur de l’immeuble où elle vivait à Moscou. Selon ces informations, le bureau du procureur a ouvert une information judiciaire pour « assassinat ».

Depuis 1999, la journaliste et militante des droits humains Anna Politkovskaïa travaillait sur la situation des droits humains en Tchétchénie pour le journal Novaia Gazeta (Le nouveau journal). Ses reportages courageux sur le conflit lui avaient valu de nombreux prix, comme le Global Award for Human Rights Journalism de la section du Royaume-Uni d’Amnesty International, en 2001. Anna Politkovskaïa avait également écrit de nombreux reportages sur d’autres atteintes aux droits humains en Russie, comme la violence au sein de l’armée, la corruption dans les structures étatiques, ou les brutalités policières.

Anna Politkovskaïa était la cible d’intimidations et de harcèlement de la part des autorités russes et tchétchènes pour sa critique ouverte de la politique et des mesures gouvernementales. Elle avait été placée en détention et menacée de graves représailles à plusieurs reprises en raison de ses activités ; ainsi, en juin 2004, elle avait été détenue plusieurs heures à Tsenteroï, en Tchéchénie, au domicile de Ramzan Kadyrov, l’actuel Premier ministre tchétchène, où elle dit avoir été insultée et menacée. En septembre 2004, Anna Politkovskaïa aurait aussi été empêchée de se rendre à Beslan, en Ossétie du Nord, lors de la crise des otages ; elle pensait également avoir été délibérément empoisonnée pendant un vol de Moscou à Rostov-sur-le-Don, au cours duquel elle avait perdu connaissance après avoir bu une tasse de thé.

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