Communiqué de presse

Singapour. Les travailleurs migrants risquant d’être expulsés dans le cadre des émeutes doivent bénéficier d’un procès équitable

Les autorités de Singapour doivent renoncer à expulser de manière arbitraire 53 travailleurs migrants qui doivent être renvoyés en raison de leur implication dans des émeutes, a déclaré Amnesty International mercredi 18 décembre.

Singapour a déclaré que ces travailleurs, majoritairement des Indiens, seraient « rapatriés », tandis que 28 autres sont inculpés pour leur participation dans les troubles qui ont éclaté début décembre.

« Les autorités de Singapour vont trop vite en besogne : ces hommes ne doivent pas être expulsés de manière arbitraire, car ils ont droit à une procédure équitable, a indiqué Isabelle Arradon, directrice adjointe du programme Asie-Pacifique d’Amnesty International.

« Les accusés doivent pouvoir consulter un avocat et bénéficier des services d’un interprète si nécessaire. Leur droit à un procès équitable doit être respecté et, si certains sont condamnés, il est crucial que leur peine n’inclut pas de bastonnade, châtiment cruel et inhumain. »

Ces émeutes, les premières depuis plus de 40 ans à Singapour, ont éclaté le 8 décembre après qu’un Indien, ouvrier du bâtiment, a été renversé et tué par un bus dans le quartier de Little India (« la petite Inde »).

Des dizaines de personnes, dont des policiers, ont été blessées dans le cadre des violences qui ont suivi.

« Il est important de ne pas oublier que les travailleurs migrants sont confrontés à diverses formes de discrimination à Singapour. Ils ne bénéficient pas de la même protection juridique que les citoyens singapouriens, et nombre d’entre eux travaillent dans des conditions très dures », a rappelé Isabelle Arradon.

La Constitution de Singapour garantit le droit à la liberté d’expression, de réunion et d’association, et le principe de non-discrimination, mais aux citoyens uniquement, ce qui fait que les travailleurs migrants ne sont pas protégés par ces dispositions.

« Ces émeutes devraient alerter les autorités de Singapour et, au lieu de servir de tremplin à des expulsions arbitraires, les inciter à améliorer les conditions de vie des travailleurs migrants. »

Le vice-Premier ministre de Singapour, Teo Chee Hean, a déclaré que les expulsions adresseraient « un signal fort » et feraient savoir que « nous ne tolérerons de la part de quiconque aucune action menaçant la loi et l’ordre à Singapour ».

Un Bangladais et 52 Indiens sont visés par cette expulsion.
« Si le gouvernement de Singapour a le devoir de protéger la population contre les violences et de garantir l’ordre public, une expulsion massive qui ferait fi des procédures individuelles de détermination risque de déboucher sur des erreurs et d’entraîner l’expulsion injuste d’innocents, a poursuivi Isabelle Arradon.

« Singapour doit veiller à ce que les travailleurs migrants, qui constituent environ un quart de sa population, voient leurs droits fondamentaux respectés en toutes circonstances, conformément au droit international. »

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