Somalie. Des travailleurs humanitaires tués par l’explosion d’un engin piégé au bord d’une route

Déclaration publique

ÉFAI

Amnesty International a condamné ce jeudi 31 janvier l’attentat qui a coûté la vie à trois membres de l’organisation humanitaire Médecins Sans Frontières (MSF) et un journaliste le 28 janvier dans le sud de la Somalie.

Viktor Okumu, cinquante et un ans, chirurgien kenyan qui travaillait depuis longtemps pour MSF, Damien Lehalle, vingt-sept ans, logisticien français et Mohamed Bidhaan, leur chauffeur somalien ont été tués près de l’hôpital de Kismayu, dans la ville portuaire de Kismayu par l’explosion d’un engin piégé, mis à feu à distance au passage du véhicule MSF qui était manifestement ciblé. La responsabilité de cet attentat n’a pas été revendiquée. Les circonstances et les raisons de cet attentat n’ont pas encore été éclaircies.

Hassan Kafi Hared, journaliste, trente-six ans, membre du syndicat national des journalistes somaliens (NUSOJ), correspondant de l’agence de presse gouvernementale Somali National News Agency (SONNA) et du site gedonet, qui marchait au bord de la route au moment de l’explosion, a également été tué. Quatre autres personnes ont été blessées.

Avec 800 employés somaliens et 60 expatriés, MSF est la plus importante organisation humanitaire médicale présente en Somalie. L’ensemble des collaborateurs internationaux a été évacué de Kismayu. Le seul hôpital de la ville, rouvert par MSF il y a quelques mois seulement avec un nouveau service de chirurgie, a été fermé. Très peu d’organisations humanitaires internationales ont des collaborateurs internationaux résidant en Somalie compte tenu des risques élevés pour leur sécurité dans la plupart des régions ; le personnel est essentiellement somalien mais les risques d’attaques demeurent élevés.

Au cours de ces derniers mois, Kismayu avait été épargné par le conflit sanglant qui oppose à Mogadiscio, à cinq cents kilomètres de là, insurgés et forces du gouvernement fédéral de transition (TFG) soutenu par l’armée éthiopienne. Des ONG et des travailleurs humanitaires à Kismayu ont toutefois déjà par le passé été confrontés à des risques en raison des luttes entre factions appartenant à des clans opposés et plusieurs ont même été tués.

Amnesty International joint sa voix à celles du secrétaire général des Nations unies, du coordinateur humanitaire pour la Somalie, de l’expert indépendant des Nations unies pour la Somalie et des ONG somaliennes et internationales pour présenter ses condoléances aux familles des victimes de ce crime haineux. L’organisation exprime sa solidarité avec les groupes de la société civile de Kismayu qui ont organisé une grande manifestation pour protester contre l’attentat.

Amnesty International appelle le gouvernement de transition somalien et les autorités locales de Kismayu à enquêter sur l’explosion qui a coûté la vie à trois travailleurs humanitaires et à traduire en justice les auteurs présumés en respectant les normes internationales d’équité des procès. L’organisation leur demande instamment d’assurer la sécurité des travailleurs humanitaires et la protection des opérations humanitaires.

Dans la situation d’urgence humanitaire que vit la Somalie où se produisent des violations massives du droit international humanitaire et relatif aux droits humains, les travailleurs humanitaires, les défenseurs des droits humains et les journalistes sont pris pour cibles par toutes les parties au conflit.

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