SOMMET UNION EUROPÉENNE - AMÉRIQUE LATINE : Une occasion de mettre les droits humains à l’ordre du jour

Index AI : IOR 10/002/02

Amnesty International publie aujourd’hui (jeudi 16 mai) un rapport dans lequel elle appelle l’Union européenne à profiter du sommet qui se tiendra les 17 et 18 mai à Madrid pour adopter des mesures concrètes contre les violations des droits humains commises dans différents pays de l’Amérique latine et de la Caraïbe.

Dans ce document, l’organisation met l’accent sur la situation de crise que traversent des pays comme la Colombie, au bord de la guerre civile, et le Vénézuéla, où l’instabilité et la polarisation politique qui ont fait suite au coup d’État manqué d’avril mettent en péril le respect des droits humains.

Amnesty International exprime également dans ce document sa déception quant aux engagements qui avaient été pris par l’Union européenne et les chefs d’État et de gouvernement des pays d’Amérique latine et de la Caraïbe au sommet de Río de Janeiro en 1999 en matière de promotion et de protection des droits de la personne. " Nous recevons toujours des informations faisant état dans cette région du monde d’homicides à caractère politique, de " disparitions ", d’exécutions extrajudiciaires, d’actes de torture, de conditions de détention déplorables et de déplacements de communautés entières à l’intérieur de certains pays ", déplore l’organisation.

" La région a vu se développer une impunité croissante du fait que les institutions comme la police, l’armée et les tribunaux ne sanctionnent pas les auteurs des atteintes aux droits humains commises par le passé et à l’heure actuelle. "

" Amnesty International appelle l’Union européenne à profiter de ce sommet pour s’assurer que les pays qui reçoivent des fonds dans le cadre de la coopération entre les deux continents respectent leurs engagements dans le domaine des droits humains ", a poursuivi l’organisation.

Les recommandations qu’Amnesty International fait à l’Union européenne dans le cadre de ce sommet mettent plus particulièrement l’accent sur la Colombie, où la secrétaire générale de l’organisation vient d’effectuer une visite de plusieurs jours. La population civile colombienne se voit de plus en plus mêlée au conflit qui oppose l’armée et ses alliés paramilitaires aux groupes de guérilla.
" Il est inadmissible que la communauté internationale continue d’ignorer la crise des droits humains qui ne cesse de s’aggraver en Colombie ", a déclaré Susan Lee, directrice du programme Amérique à Amnesty International.

L’organisation a demandé une nouvelle fois à la communauté internationale d’insister auprès des parties au conflit pour qu’elles concluent un accord humanitaire garantissant la protection de la population civile.

" Ce conflit ôte chaque jour la vie à une vingtaine de personnes, dont la majorité sont des civils morts en dehors des combats. Chaque mois, des dizaines de milliers de personnes sont contraintes de quitter leur lieu de résidence parce qu’il se trouve dans une zone où le conflit armé fait rage. Un grand nombre de ces personnes sont victimes d’atteintes aux droits humains et au droit international humanitaire commises par l’un ou l’autre camp ", a rappelé Susan Lee.

Alors que le premier tour de l’élection présidentielle doit avoir lieu en Colombie le 26 mai, Amnesty International est particulièrement préoccupée par le projet du candidat Álvaro Uribe qui voudrait convertir un million de Colombiens en informateurs des forces armées.

" Cette mesure reviendrait à impliquer directement la population civile dans le conflit armé et pourrait déclencher une véritable guerre civile ", a souligné Susan Lee.

De plus, depuis la rupture des négociations de paix entre le gouvernement colombien et les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) en février dernier, la militarisation du pays s’est intensifiée. Amnesty International demande à la communauté internationale et en particulier à l’Union européenne de " veiller à la mise en place d’un système international de surveillance des droits humains dans l’ancienne zone démilitarisée et dans les autres parties du pays touchées par le conflit, ainsi qu’à l’adoption de mesures urgentes de protection de la population civile ".

Amnesty International a également demandé que les défenseurs des droits humains soient mieux protégés tant en Colombie que dans beaucoup d’autres pays de la région où ils sont victimes de violations des droits humains – exécutions extrajudiciaires, enlèvements, torture et mauvais traitements – le plus souvent imputables à des agents de l’État appartenant généralement aux forces de sécurité, ou à des personnes agissant avec le consentement de ces derniers.

" Alors que l’Union européenne a reconnu leur rôle indispensable en matière de promotion et de protection, les défenseurs des droits humains continuent dans des pays comme la Colombie, le Guatémala ou le Mexique constamment menacés et assassinés ", a conclu Amnesty International.

Pour obtenir de plus amples informations, veuillez contacter le Service de presse d’Amnesty International, à Londres, au +44 20 7413 5566 ou consulter notre site web : www.amnesty.org

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