Sommet Union Européenne – Russie. Il faut mettre en place un partenariat respectueux des droits humains


COMMUNIQUÉ DE PRESSE DU BUREAU EUROPÉEN

Bruxelles, le 13 novembre – Afin que l’Union européenne (UE) s’engage dans une relation réellement constructive avec la Russie, il est nécessaire d’aborder un certain nombre de graves questions relatives aux droits humains, a déclaré Amnesty International à la veille du sommet qui doit se tenir à Nice le 14 novembre pour relancer les discussions sur le partenariat entre la Russie et l’UE.

« L’envie très forte de reprendre les négociations suspendues en septembre à la suite du conflit entre la Russie et la Géorgie ne doit pas conduire l’UE à relâcher sa détermination à s’exprimer sur les problèmes relatifs aux droits fondamentaux ignorés par les autorités russes », a déclaré Nicolas Beger, directeur du Bureau européen d’Amnesty International.

Dans une lettre adressée à la présidence française de l’UE (que vous pouvez consulter sur www.amnesty-eu.org), Amnesty International a souligné la nécessité d’évoquer les atteintes aux droits humains commises dans les républiques du Caucase du Nord, où les mesures de détention arbitraire, les actes de torture et les disparitions demeurent monnaie courante. L’organisation a noté que les défenseurs des droits humains, comme les journalistes et les avocats, sont particulièrement pris pour cibles et a demandé à l’UE de s’enquérir auprès des autorités russes de l’assassinat de Magomed Yevloyev. Propriétaire du site Internet indépendant Ingushtiya.ru, il a été tué au mois d’août, alors qu’il se trouvait en garde à vue.

« Après le meurtre d’Anna Politkovskaïa, celui de Magomed Yevloyev semble confirmer une politique inquiétante de persécution envers ceux qui défendent les droits humains et la liberté d’expression. Une nouvelle fois, l’UE doit dénoncer d’une seule voix ces pratiques », a ajouté Nicolas Beger.

Amnesty International est vivement préoccupée par le fait que les tensions qui perdurent dans la zone touchée par le conflit entre la Russie et la Géorgie en août 2008 empêchent les personnes déplacées de rentrer chez elles.*

Considérant que la présence d’observateurs internationaux permettra de stabiliser la situation, l’organisation a prié la présidence de l’UE d’exhorter les autorités russes à faciliter l’accès des observateurs internationaux en Ossétie du Sud et à coopérer pleinement avec les forces internationales de surveillance déployées dans la région, afin que toutes les personnes déplacées puissent regagner leur foyer dans la dignité.

Enfin, Amnesty International a invité la présidence de l’UE à faire pression sur les autorités russes afin qu’une enquête internationale soit menée sur les atteintes aux droits humains commises durant et après le conflit.

* Dans un rapport intitulé Civilians in the line of fire : the Georgia-Russia conflict, qui sera publié le 18 novembre, Amnesty International présentera son analyse de la conduite de toutes les parties durant et après le conflit.

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