Soudan. Attaque imminente dans le nord du Darfour

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

AFR 54/061/2007

Amnesty International a mis en garde, ce mardi 9 octobre, contre une grande offensive des forces armées soudanaises dans le nord du Darfour. Selon l’organisation, de nouvelles attaques meurtrières seraient imminentes.

Amnesty International dispose d’informations selon lesquelles les forces armées soudanaises (FAS) seraient en train de se rassembler en grand nombre dans au moins six localités du nord Darfour, notamment à Tine, Kornoy, Um Baru et Kutum.

Les habitants craignent de nouvelles attaques des forces gouvernementales ou de l’opposition armée avant les pourparlers de paix qui doivent s’ouvrir à Tripoli le 27 octobre.

« La région nord du Darfour est contrôlée par des groupes armés d’opposition et il semble que les forces armées soudanaises aient l’intention d’attaquer cette zone avant le début des pourparlers prévus en Libye d’ici la fin du mois d’octobre
, a déclaré Tawanda Hondora, directeur adjoint du programme Afrique d’Amnesty International. Nous craignons que des civils ne soient une nouvelle fois victimes d’homicides et de déplacements forcés, sans personne pour les protéger. »

Le 8 octobre, plus de 40 civils ont été tués et de nombreux autres blessés lorsque les FAS et des membres des Janjawids ont attaqué Muhajeria, ville située à environ 130 kilomètres à l’ouest de Haskanita. L’attaque était appuyée par un avion Antonov des FAS, peint en blanc, couleur généralement utilisée par les Nations unies. Selon les informations dont nous disposons, l’avion Antonov aurait bombardé la zone avant l’attaque. Des avions Antonov de ce type ont été livrés aux forces armées soudanaises par la Russie, la dernière livraison connue remonte à septembre 2006.

Les habitants ont tenté de fuir, l’attaque a fait de nombreux blessés par balles et éclats d’obus dans le camp de la Mission de l’Union africaine au Soudan (MUAS)basée dans la ville. La partie occidentale de la ville aurait été le théâtre de pillages.

Le Soudan n’a plus le droit depuis 2005 de mener des raids aériens offensifs au-dessus du Darfour et a souvent été critiqué pour avoir peint ses appareils en blanc, couleur généralement utilisée par les Nations unies.

« Le rassemblement de forces dans le nord, l’incendie de Haskanita la première semaine d’octobre et l’attaque du 8 octobre sur Muhajeriya montrent qu’il est vital de faire en sorte que l’UNAMID (Mission conjointe des Nations unies et de l’Union africaine au Darfour) soit déployée au plus vite et qu’elle dispose des ressources nécessaires pour protéger les civils,
a déclaré Tawanda Hondora, directeur adjoint du programme Afrique d’Amnesty International.

« Il n’y a pas de temps à perdre. Tout indique que les populations vivant dans le nord courent un grand danger et que davantage de personnels et d’hélicoptères sous commandement militaire doivent être déployés de toute urgence dans la zone dès que possible. »

La MUAS manque de personnel et de moyens pour protéger les civils au Darfour. Quelque sept mille membres des forces de maintien de la paix sont censés se trouver sur place, mais en réalité moins de six mille militaires sont répartis de façon dangereusement éparse sur une région de la taille de la France.

Le gouvernement soudanais empêche fréquemment tout mouvement de la MUAS, insistant sur le fait que la situation n’est pas sûre. Les forces de la MUAS ne peuvent emprunter que des hélicoptères affrétés, dont les pilotes refusent souvent de transporter des troupes dans des zones qu’ils considèrent comme peu sûres.

« Ce serait trahir la population du Darfour si, après tant d’efforts pour obtenir le déploiement d’une force des Nations unies, la communauté internationale laissait les forces des Nations unies en butte aux mêmes problèmes que les forces de l’Union africaine - confrontées à l’obstruction du gouvernement soudanais et au manque de volonté de la communauté internationale de lui accorder les moyens nécessaires », a déclaré Tawanda Hondora.


Complément d’information

Personne n’a encore revendiqué la responsabilité de l’attaque du 29 septembre contre des membres de la mission de maintien de la paix de l’Union africaine au Soudan à Haskanita. On soupçonne un groupe armé d’opposition d’en être à l’origine. La ville a été réoccupée par les FAS peu de temps après l’attaque. Les 5 et 6 octobre, cette localité de 750 habitants a été totalement brûlée. Seules la mosquée et l’école seraient encore debout ; même le puit de forage et le réservoir d’eau auraient été criblés de balles et détruits.

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