Swaziland. Amnesty International condamne le recours à une force excessive contre des professionnels des médias et des militants politiques par des agents du personnel pénitentiaire


Déclaration publique

Index AI : AFR 55/006/2009 -
ÉFAI -
29 septembre 2009

Amnesty International demande instamment au gouvernement du Swaziland, en ce mardi 29 septembre 2009, d’ordonner une enquête publique menée par des magistrats sur l’attaque violente perpétrée le 21 septembre par des membres des services pénitentiaires contre des journalistes et des militants politiques à l’Institut correctionnel central de Matsapha.

L’attaque des agents du personnel pénitentiaire a eu lieu peu après que la Cour eut acquitté Mario Masuku, dirigeant de l’opposition, des charges de terrorisme qui pesaient contre lui.

Amnesty International a déclaré que ces actions constituaient une violation des droits à la liberté d’expression, de réunion pacifique et d’information. Dans plusieurs cas, l’étendue et la nature ciblée des agressions constituent des actes de mauvais traitements et violent l’interdiction des actes de torture.

Selon des témoins oculaires, les membres du personnel pénitentiaire ont réagi agressivement à la présence devant les portes de la prison d’une cinquantaine de partisans bruyants mais pacifiques et sans armes, venus attendre Mario Masuku à sa sortie de prison. Des journalistes de la presse écrite et de la télévision étaient à leurs côtés. Sans qu’aucun ordre officiel de dispersion n’ait été donné, les personnels de sécurité ont chargé le groupe qui se trouvait près de la porte. Ils ont brutalement agressé plusieurs militants politiques connus et exigé que les journalistes cessent de filmer et de photographier leurs actions. Ils ont saisi des caméras et du matériel de reportage, ont proféré des insultes et des menaces contre les journalistes et en ont physiquement agressé plusieurs.

L’une des personnes visées lors des échauffourées a été Wandile Dludlu, militant politique, qui avait tenté de s’échapper en courant lorsque les personnels de sécurité ont commencé à le frapper, notamment à coups de pied. Ils se sont lancés à sa poursuite et l’ont rattrapé, puis frappé à coups de poing et de botte jusqu’à ce qu’il tombe à terre. Il a essayé de se couvrir la tête avec ses mains mais a été touché à la tête, aux yeux, à la bouche et au nez, ainsi que sur d’autres parties du corps. Finalement, des responsables de l’administration pénitentiaire sont intervenus et ont tenté de se placer autour de lui pour le protéger. Il a été conduit dans un hôpital local par ses collègues. Au moment de l’agression, Wandile Dludlu se remettait des blessures subies dix-sept jours plus tôt au cours de son interpellation illégale et de la période de détention qui avait suivi au cours de laquelle il aurait été torturé par la police avant d’être libéré sans avoir été inculpé.

Amnesty International appelle le gouvernement à veiller à ce que les membres du personnel pénitentiaire soupçonnés d’avoir eu recours à une force excessive contre des militants politiques et des journalistes, fassent l’objet d’enquêtes disciplinaires et pénales. Il ne saurait y avoir d’impunité pour les atteintes aux droits humains. Le gouvernement doit veiller à ce que les droits protégés par les traités régionaux et internationaux relatifs aux droits humains auxquels le Swaziland est État partie et par la Constitution soient respectés et protégés. Il doit affirmer publiquement le droit des journalistes à accomplir leur travail sans avoir à craindre d’actes de harcèlement, d’intimidation ou de violence.

Complément d’information

Le 21 septembre 2009, la Haute Cour a acquitté Mario Masuku d’une accusation portée contre lui au titre de la Loi sur la suppression du terrorisme (STA) de 2008. L’acquittement a été prononcé le premier jour du procès et en conclusion du dossier de l’État. Le tribunal a jugé que les éléments de preuve n’étaient pas recevables ou ne prouvaient rien contre l’accusé. Mario Masuku avait été arrêté en vertu de la loi sur la suppression du terrorisme le 15 novembre 2008, le lendemain du jour où son organisation, le PUDEMO (Mouvement démocratique populaire uni) et trois autres organisations étaient déclarées illégales au titre de la STA. En janvier 2009, Amnesty International et l’Institut des droits de l’homme de l’Association internationale du barreau (HRI-IBA) ont rendu public un rapport dont les conclusions étaient que certaines dispositions clés de cette loi antiterroriste, par leur caractère intrinsèquement répressif, bafouaient les obligations du Swaziland au regard du droit international et régional relatif aux droits humains et conduisaient d’ores et déjà à la violation du droit à la liberté d’expression, d’association et de réunion - voir :Suppression of Terrorism Act Undermines Human Rights in Swaziland http://www.amnesty.org/en/library/info/AFR55/001/2009/en

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