SYRIE - Ali al Abdullah doit être remis en liberté ; les arrestations et actes de harcèlement des défenseurs des droits humains en Syrie doivent cesser

Index AI : MDE 24/028/2005

DÉCLARATION PUBLIQUE

Amnesty International demande la remise en liberté immédiate d’Ali al Abdullah, défenseur des droits humains détenu au secret depuis sa prise de parole dans un forum de discussion non autorisé. Amnesty International renouvelle également son appel aux autorités syriennes pour qu’elles mettent un terme aux arrestations et actes de harcèlement des défenseurs des droits humains en général.

Ali al Abdullah, journaliste et membre actif des Comités pour le renouveau de la société civile, de la Société syrienne des droits humains et du Forum Jamal al Atassi, a été arrêté chez lui à Qatana, près de Damas, dans la nuit du 15 au 16 mai. Il serait détenu au secret à al Jebeh, dans les locaux du département de la sécurité politique de Damas. On pense qu’il pourrait être inculpé de « soutien à une organisation illégale ».

Son arrestation est liée à une courte intervention qu’il a faite devant le Forum Jamal al Atassi le 7 mai 2005, au cours de laquelle il a lu une déclaration écrite par Sadr al Din Bayanouni, dirigeant en exil de l’organisation interdite des Frères musulmans. Dans cette déclaration - dont Amnesty International a une copie - l’organisation réaffirmait son rejet de la violence, réfutait l’idée selon laquelle les Frères musulmans seraient en faveur de l’établissement d’un État théocratique et appelait à la mise en place de réformes longuement attendues, nécessaires à la mise en place d’une société civile moderne dans laquelle les droits de tous les Syriens seraient respectés.

Suhayr Jamal al Atassi, présidente du Conseil d’administration du Forum a également été convoquée par le Département de la sécurité politique, pour avoir « franchi la ligne rouge » en permettant que le Forum s’associe avec les Frères musulmans. Suhayr Jamal al Atassi et un de ses collègues se sont présentés d’eux-mêmes le 8 mai au Département de la sécurité politique où ils ont été interrogés pendant deux heures environ. On leur aurait dit qu’Ali al Abdullah serait jugé par un tribunal d’exception conformément à la Loi 49 de 1980. La loi 49 fait de l’appartenance aux Frères musulmans une infraction passible de la peine de mort , bien que la sentence soit généralement commuée en une peine de douze années d’emprisonnement. Toutefois, des responsables de la sécurité politique auraient déclaré à Suhayr Jamal al Atassi et à son collègue que la Loi 49 allait être interprétée plus largement, de façon à criminaliser non seulement les membres ou sympathisants des Frères musulmans mais également tous ceux qui s’associent avec eux ou font la « promotion » de l’organisation.

Ali al Abdullah a écrit des articles sur la question des droits humains et sur la démocratie pour des journaux comme al Nahar, al Hayat et al Khalij.

Les tribunaux d’exception en Syrie sont la Cour suprême de sûreté de l’État et les tribunaux militaires d’exception, dont les procédures de jugement sont loin de correspondre aux normes internationales d’équité des procès. La décision de la Cour suprême de sûreté de l’État est attendue le 26 juin dans l’affaire Aktham Nuayse, le président du Comité de défense des libertés démocratiques et des droits humains. Nizar Ristnawi, un des membres fondateurs de l’Organisation arabe des droits de l’homme pour la Syrie est toujours détenu au secret dans un lieu inconnu, sans avoir été inculpé et sans possibilité de recevoir de visites de sa famille ou de son avocat, depuis son arrestation le 18 avril 2005.

Les Comités pour le renouveau de la société civile, la Société syrienne des droits humains, le Forum Jamal al Atassi, le Comité de défense des libertés démocratiques et des droits humains et l’Organisation arabe des droits de l’homme pour la Syrie sont des organisations interdites mais généralement tolérées, dont les membres sont parfois arrêtés ou harcelés en raison de leurs activités. Aucune organisation de défense des droits humains n’est autorisée en Syrie.

Pour obtenir de plus amples informations, veuillez contacter le service de presse d’Amnesty International au 02 543 79 04 ou consulter le site http://www.amnesty.org

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