communiqué de presse

Syrie. Le Conseil de sécurité de l’ONU ne doit pas laisser passer une occasion de sauver des vies

Les membres du Conseil de sécurité doivent utiliser la réunion avec des ONG organisée au siège des Nations unies le 26 juin pour définir les mesures qu’ils prendront pour faire appliquer la résolution 2139, qui demande l’arrêt des attaques menées sans discernement ou directement contre des civils en Syrie, a déclaré Amnesty International.

L’organisation appelle le Conseil de sécurité à imposer un embargo sur les armes au gouvernement syrien et des sanctions ciblées visant les responsables de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité parmi toutes les parties au conflit. Ces mesures pourraient contribuer à mettre fin aux attaques perpétrées à l’aide de bombes barils et de canons improvisés contre des civils, ainsi qu’à l’utilisation du chlore et d’autres produits chimiques comme armes.

« Il y a un an et demi, le Conseil de sécurité s’est engagé à prendre des mesures supplémentaires si la résolution 2139 n’était pas respectée par les parties au conflit. Le fait que les attaques aveugles et d’autres violations aient continué sans relâche dans toute la Syrie depuis lors montre qu’elle a été constamment méprisée de façon flagrante, a déclaré Philip Luther, directeur du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d’Amnesty International.

« Si la résolution 2139 n’est pas appliquée, les civils syriens resteront piégés dans un carnage sans fin causé par l’utilisation illégale d’armes explosives telles que les bombes barils. »

Le Conseil de sécurité a déjà imposé des embargos sur les armes aux groupes armés connus sous le nom d’État islamique et de Front al Nosra. Sa résolution 2139 demande également que les personnes détenues illégalement soient libérées et que toutes les parties au conflit facilitent l’acheminement de l’aide humanitaire indispensable.

Amnesty International engage en outre le Conseil de sécurité à saisir le procureur de la Cour pénale internationale de la situation en Syrie. Ces actions sanctionneraient les responsables présumés, contribueraient à rendre justice aux victimes et décourageraient les futures violations, notamment les attaques illégales employant des bombes barils et des armes chimiques.

Dans un rapport publié en mai 2015, Amnesty International met en évidence la dévastation et l’horreur provoquées à Alep par les bombes barils – engins explosifs non guidés produits localement et largués par des hélicoptères de l’armée gouvernementale syrienne – qui touchent souvent des hôpitaux, des écoles et d’autres zones civiles extrêmement peuplées. L’organisation y conclut que ces bombardements ont été commis dans le cadre d’une offensive généralisée contre la population civile et dans la poursuite de la politique de l’État syrien. Elle estime donc qu’ils constituent des crimes contre l’humanité.

Ce type d’attaque continue d’avoir lieu régulièrement en Syrie. La semaine dernière, des bombes barils ont détruit une structure de Médecins Sans Frontières, l’hôpital de Busra, dans le gouvernorat de Deraa (sud du pays).

Il y a quelques jours, Paulo Sérgio Pinheiro, président de la Commission d’enquête internationale indépendante sur la Syrie, a dénoncé les attaques incessantes perpétrées contre des civils dans le pays, qui causent selon lui des « souffrances indescriptibles ».

« Certains membres du Conseil de sécurité, des États membres de l’ONU et l’envoyé spécial des Nations unies en Syrie ont récemment critiqué avec véhémence l’usage des armes sans discernement en Syrie, mais il ne suffit pas de condamner ces actes. Il existe des mesures concrètes que l’ONU peut et doit prendre pour réduire et empêcher les violations commises contre des civils, a déclaré Philip Luther.

« La Russie, qui a bloqué des actions précédentes du Conseil de sécurité contre les violations du gouvernement syrien, a soutenu la résolution 2139 et ne doit pas faire obstacle à son application pour protéger la population civile. »

La réunion en « formule Arria » organisée par la France et l’Espagne le 26 juin constitue une occasion rare pour les membres du Conseil de sécurité d’entendre les ONG qui ont recueilli des informations sur l’impact dévastateur de l’utilisation d’armes explosives sans discernement et d’aborder l’obligation de rendre des comptes pour les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité actuellement commis en Syrie.

Le Conseil de sécurité doit par ailleurs prendre des mesures supplémentaires pour mettre en œuvre la résolution 2209 – qui a été adoptée après que l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques a confirmé l’utilisation de chlore comme arme en Syrie – au vu du non-respect persistant de cette interdiction par le gouvernement syrien. En vertu du chapitre VII de la Charte des Nations unies, le Conseil de sécurité est également autorisé à appliquer des mesures, y compris des sanctions économiques et des actions militaires, pour faire respecter ses résolutions.

Voir le communiqué de presse de la coalition #withSyria intitulé Conseil de Sécurité : Il faut prendre les mesures diplomatiques pour mettre fin aux attaques contre les civils.

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