THAÏLANDE/CAMBODGE : Sok Yoeun doit être libéré

Index AI : ASA 39/011/2003
ÉFAI

Jeudi 13 novembre 2003

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Quatre ans après que Sok Yoeun se soit vu accorder le statut de réfugié par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), Amnesty International demande une nouvelle fois la libération immédiate et inconditionnelle de ce prisonnier d’opinion, membre d’un parti d’opposition cambodgien incarcéré en Thaïlande.

« Ce vieil homme malade entamera bientôt sa cinquième année d’incarcération. Le droit international ne permet nullement de justifier son maintien en détention prolongée et d’importants motifs humanitaires plaident en faveur de sa remise en liberté immédiate, a souligné l’organisation de défense des droits humains. Sa femme et ses enfants ont déjà été réinstallés en tant que réfugiés dans un pays tiers par le HCR. Une fois libéré, il pourrait les rejoindre et en finir avec cette triste affaire qui dure depuis bien trop longtemps. »

En novembre 2002, un tribunal thaïlandais a statué que Sok Yoeun devait être renvoyé au Cambodge, où il risquait d’être jugé au cours d’un procès inique et d’être torturé. Il fait actuellement appel de ce jugement. Amnesty International demande à la justice thaïlandaise d’ordonner sa libération et au gouvernement thaïlandais de ne pas l’extrader.

« Âgé de près de soixante ans, Sok Yoeun n’est qu’un pion sur un vaste échiquier politique. Il est vraiment révoltant qu’un vieil homme malade soit privé de sa liberté et de sa famille, et sa famille de lui, s’est indignée Amnesty International. Nous sommes convaincus que cette affaire a un fondement politique. »

Lors de son procès l’an dernier, le président du tribunal n’a pas tenu compte du fait que Sok Yoeun s’était déjà vu accorder le statut de réfugié par le HCR en Thaïlande. Ce juge aurait affirmé que la Thaïlande n’ayant pas signé la Convention des Nations unies relative au statut des réfugiés, cet élément était dépourvu de pertinence dans cette affaire.

« Nous souhaitons rappeler aux autorités judiciaires thaïlandaises, ainsi qu’au gouvernement, que tous les États sont tenus de respecter le principe de non-refoulement. Aucun État n’est autorisé à renvoyer une personne dans un pays où elle risque d’être victime de graves violations des droits humains », a conclu Amnesty International.

Rappel des faits

Les autorités cambodgiennes ont accusé Sok Yoeun, membre d’un parti d’opposition cambodgien, d’être responsable d’une attaque à la roquette lancée en 1998. Le Premier ministre Hun Sen a affirmé qu’il en était la cible. Selon une opinion largement répandue, cette allégation n’est pas fondée. Interpellés au Cambodge dans le cadre de cette attaque, deux autres militants de l’opposition ont été détenus au secret pendant six mois au Centre de détention militaire de la capitale, Phnom Penh. Ils ont été remis en liberté en mars 2000, le juge d’instruction n’ayant pu trouver aucune preuve contre eux. Ils ont fui le Cambodge et été réinstallés dans un autre pays. Sok Yoeun a lui aussi fui le Cambodge en septembre 1999.

Il a été arrêté le 24 décembre 1999, après qu’un responsable politique thaïlandais se fut plaint que la Thaïlande abritait un « terroriste » cambodgien. Hun Sen, le Premier ministre cambodgien, a alors émis une requête publique demandant le renvoi de Sok Yoeun vers le Cambodge. Celui-ci avait initialement été condamné à six mois d’emprisonnement pour être entré illégalement en Thaïlande. Depuis l’expiration de cette peine, le 26 juin 2000, il est détenu dans l’attente des résultats d’une demande d’extradition formulée par le Cambodge, bien que la législation thaïlandaise n’autorise pas l’extradition de personnes accusées d’infractions à caractère politique.

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