Thaïlande, Il faut abandonner les accusations visant une figure de proue des manifestations

Thaïlande Panusaya « Rung » Sithijirawattanakul

La militante des droits humains thaïlandaise bien connue Panusaya « Rung » Sithijirawattanakul a été arrêtée le 22 septembre 2021 pour des infractions présumées de sédition et des cyber-infractions.

« Alors que le mouvement de contestation reprend en Thaïlande, les autorités continuent d’abuser de leurs pouvoirs pour arrêter et sanctionner des manifestant·e·s pacifiques. Depuis des années, elles tentent de réduire systématiquement au silence les militant·e·s et les défenseur·e·s des droits humains. L’arrestation de Panusaya Rung Sithijirawattanakul aujourd’hui est le dernier exemple de la campagne de répression que le gouvernement mène depuis longtemps, Ming Yu Hah, directrice régionale adjointe pour le travail de campagne à Amnesty International.

« Amnesty International lui demande [au gouvernement] d’abandonner immédiatement toutes les accusations visant les manifestant·e·s pacifiques, de libérer tous ceux qui sont détenus et d’ouvrir un dialogue constructif avec les manifestant·e·s »

« Panusaya Rung Sithijirawattanakul, étudiante, est une figure de proue du mouvement de contestation qui est régulièrement prise pour cible par les autorités. Elle relaie haut et fort les revendications de la jeunesse en matière de respect de la liberté d’expression et de réunion pacifique en Thaïlande. En l’arrêtant, le gouvernement montre qu’il n’a nullement l’intention de mettre un terme à sa campagne de diffamation ciblant les défenseur·e·s des droits humains et ceux qui appellent de leurs vœux une réforme politique.

« L’inculper de chefs d’accusation arbitraires au titre de la Loi relative aux infractions dans le domaine de l’informatique, formulée en termes vagues, et de l’infraction très large de sédition est une honte et constitue clairement un abus de pouvoir. Les autorités doivent abandonner immédiatement ces accusations. Ces lois permettent de criminaliser la liberté d’expression, elles doivent donc être modifiées ou abrogées.

« Le soutien dont bénéficie ce mouvement de contestation à Bangkok montre que les Thaïlandaises et les Thaïlandais sont attachés à leurs droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique. Le gouvernement doit permettre aux citoyen·ne·s de se faire entendre lors de rassemblements pacifiques.

« Amnesty International lui demande d’abandonner immédiatement toutes les accusations visant les manifestant·e·s pacifiques, de libérer tous ceux qui sont détenus et d’ouvrir un dialogue constructif avec les manifestant·e·s. »

Complément d’information

« Le soutien dont bénéficie ce mouvement de contestation à Bangkok montre que les Thaïlandaises et les Thaïlandais sont attachés à leurs droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique. Le gouvernement doit permettre aux citoyen·ne·s de se faire entendre lors de rassemblements pacifiques »

La militante thaïlandaise Panusaya « Rung » Sithijirawattanakul a été arrêtée le 22 septembre 2021 par la Division de la répression du crime technologique et inculpée de sédition et d’infractions liées à l’informatique au titre de l’article 116 du Code pénal et de la Loi relative aux infractions dans le domaine de l’informatique. Elle a par la suite bénéficié d’une libération sous caution, pour la somme de 35 000 bahts thaïlandais (environ 900 euros).

Elle est poursuivie devant la justice pénale pour de multiples chefs d’accusation en raison de son action militante pacifique et encourt la détention à perpétuité si elle est déclarée coupable.

Panusaya « Rung » Sithijirawattanakul fait campagne sans relâche pour promouvoir la justice sociale, l’égalité, la démocratie et les droits humains. Les autorités l’ont arrêtée à de multiples reprises et ont refusé à d’autres manifestants étudiants le droit d’être libérés sous caution. Elle a été détenue du 15 au 30 octobre 2020 et de mars à mai 2021, période au cours de laquelle elle a contracté le COVID-19.

Elle a pris part l’an dernier aux manifestations d’avant-garde menées par la jeunesse aux côtés de dizaines de milliers de personnes, majoritairement des étudiant·e·s, qui réclamaient des réformes sociales et politiques. Son interpellation s’inscrit dans le cadre de la politique menée par les autorités thaïlandaises pour réduire au silence les critiques et réprimer la liberté d’expression.

En réponse aux dizaines de milliers de manifestant·e·s descendus dans les rues pour réclamer des réformes démocratiques tout au long de l’année 2020 et en 2021 à Bangkok, la capitale, et dans différentes provinces du pays, la police a fréquemment recouru à une force illégale, inutile et excessive pour disperser les manifestant·e·s pacifiques et a engagé des poursuites pénales contre des centaines de manifestant·e·s

En mars 2021, elles ont présenté un projet de loi visant à réglementer les organisations à but non lucratif, témoignant de la volonté d’adopter une législation répressive qui musèle davantage encore les organisations de la société civile et les organisations non gouvernementales (ONG).

Dans sa dernière version, ce texte confère au gouvernement le pouvoir d’interdire arbitrairement des organisations, d’empiéter sur leur confidentialité et de piétiner les droits à la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique.

En réponse aux dizaines de milliers de manifestant·e·s descendus dans les rues pour réclamer des réformes démocratiques tout au long de l’année 2020 et en 2021 à Bangkok, la capitale, et dans différentes provinces du pays, la police a fréquemment recouru à une force illégale, inutile et excessive pour disperser les manifestant·e·s pacifiques et a engagé des poursuites pénales contre des centaines de manifestant·e·s.

Selon l’ONG Thai Lawyers for Human Rights (Avocats thaïlandais pour les droits humains), de juillet 2020 au 20 septembre 2021, au moins 1 341 personnes, dont 182 âgées de moins de 18 ans, ont fait l’objet de poursuites – notamment pour sédition, diffamation envers la famille royale, cybercriminalité et violation de la Loi sur les rassemblements publics – dans 1 040 cas pour avoir participé à des manifestations.

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