Toujours en attente d’une audience après plus de trois ans en détention

Les autorités égyptiennes doivent libérer immédiatement et sans condition le photojournaliste Mahmoud Abu Zeid, connu sous le pseudonyme de Shawkan, qui a passé plus de trois ans en détention et doit comparaître devant un tribunal samedi 10 décembre, a déclaré Amnesty International jeudi 8 décembre. Les autorités doivent également abandonner toutes les charges qui pèsent sur lui.

« Mahmoud Abu Zeid faisait simplement son travail quand il a été arrêté, alors qu’il prenait des photos pendant la dispersion violente par les forces de sécurité d’un sit-in sur la place Rabaa al Adaweya au Caire, en 2013, dispersion qui a donné lieu à un massacre. Son incarcération par les autorités égyptiennes est manifestement motivée par des considérations politiques et il ne devrait pas être maintenu en détention un jour de plus – prendre des photos n’est pas un crime », a déclaré Najia Bounaim, directrice adjointe du programme Campagnes au bureau régional d’Amnesty International à Tunis.

« Mahmoud Abu Zeid a subi de nombreuses injustices. Il a été torturé et roué de coups en garde à vue, interrogé par un procureur sans qu’un avocat ne soit présent, et ses avocats n’ont pas été autorisés à consulter certains éléments clés du dossier, ce qui les a empêchés de préparer convenablement sa défense. Mahmoud Abu Zeid est atteint d’hépatite C et, depuis qu’il est en prison, il ne reçoit que sporadiquement le traitement qui lui est nécessaire. »

Un tribunal égyptien a renvoyé Mahmoud Abu Zeid devant un tribunal pénal en août 2015 et a prolongé sa détention provisoire, contrevenant ainsi à la fois au droit égyptien et au droit international.

Mahmoud Abu Zeid fait partie des personnes en faveur desquelles Amnesty International se mobilise dans le cadre de sa campagne annuelle Écrire pour les droits. L’organisation le considère comme un prisonnier d’opinion, détenu uniquement pour avoir exercé pacifiquement son droit à la liberté d’expression. Elle demande instamment aux autorités égyptiennes de le libérer immédiatement et sans condition et d’abandonner toutes les charges qui pèsent sur lui.

Complément d’information

En vertu du droit égyptien, un détenu qui n’a pas été condamné au terme de deux ans de détention provisoire doit être remis en liberté. Le droit international souligne que la détention provisoire doit avoir un caractère exceptionnel et qu’il n’est possible d’y recourir que dans des cas bien particuliers, par exemple lorsqu’il est établi qu’il existe un risque important de fuite, de préjudice pour autrui ou d’ingérence dans les éléments de preuve ou dans l’enquête, qui ne peut être évité par d’autres moyens.

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