Traité sur le commerce des armes : la balle est dans le camp des gouvernements

Il est temps de mettre fin aux transferts d’armes irresponsables qui favorisent de graves violations des droits humains - tel est le message que lancent des centaines de milliers de militants d’Amnesty International à l’approche des dernières négociations autour d’un traité sur le commerce des armes qui débuteront aux Nations unies la première semaine de juillet.

Mercredi 27 juin, une pétition sera remise dans le cadre d’une journée d’action, organisée dans plus d’une dizaine de villes dans le monde, visant à demander aux gouvernements de rédiger un traité prévoyant de solides mesures pour la protection des droits humains.

De Time Square à Tel Aviv, du Maroc à l’Australie, les événements prévus incluent une manifestation avec des bananes à New York, un char faisant la tournée de plusieurs ambassades dans le centre de Londres, une mise en scène dans un marché du centre de Madrid et des pétitions remises aux gouvernements dans toutes les régions du monde.

« Il s’agit d’une dernière impulsion avant le début des négociations autour d’un traité sur le commerce des armes qui doit faire date, afin de faire prendre conscience aux gouvernements du monde entier que partout, des foules entières réclament à grands cris la fin des transferts d’armes qui servent à commettre des atrocités », a déclaré Brian Wood, responsable de la campagne Contrôlez les armes au sein d’Amnesty International.

« Ce qu’il faut de toute urgence, c’est un traité le plus solide possible qui soit centré sur la protection des droits humains et qui comprenne en particulier une “Règle d’or” interdisant tout transfert d’armes vers des États où elles sont susceptibles d’être utilisées pour commettre de graves atteintes aux droits humains. »

Les négociations autour du traité sur le commerce des armes s’ouvriront à New York le 2 juillet et dureront jusqu’à la fin du mois. Les gouvernements de tous les pays du monde vont y participer.

En collaboration avec une coalition mondiale de la société civile, Amnesty International se mobilise en faveur d’un traité robuste couvrant tous les types d’armes classiques et de munitions, d’armements et d’équipements connexes, ainsi que toutes les formes de transferts de gouvernement à gouvernement.

La majorité des États membres des Nations unies soutiennent un traité prévoyant au moins une forme ou une autre de protection des droits humains. De nombreux États, que ce soit en Afrique, aux Amériques, en Asie ou en Europe, sont clairement en faveur de mesures fortes telles que la « Règle d’or » sur les droits humains.

Mais quelques États ont exprimé des réserves quant aux garanties en matière de protection des droits humains, notamment des pays comme la Chine et la Russie, qui font partie des principaux exportateurs d’armes, ainsi que la plupart des États du Moyen-Orient.

Amnesty International continue à appeler l’ensemble des gouvernements à prendre la réalité en compte et à soutenir la notion d’un traité sur le commerce des armes qui soit exhaustif, effectif et réserve une place centrale à une protection étendue des droits humains.

Dans les semaines à venir, l’organisation va suivre de près les négociations autour du traité, faire pression sur les gouvernements en agissant de l’intérieur, aux Nations unies, à New York, et publier un certain nombre de documents sur le sujet.

Parmi ces documents se trouvent un rapport sur l’approvisionnement en armes du Soudan du Sud en plein conflit, des lettres d’artistes internationaux et de lauréats du prix Nobel de la paix en faveur d’un traité solide, et un événement à l’initiative des Nations unies en marge des négociations intitulé Arms Trade Treaty – an alternative to the body-bag approach (« Traité sur le commerce des armes – une alternative à la stratégie du sac mortuaire »).

« Au cours des semaines à venir, pendant que se tiendront les négociations, la société civile, les gouvernements et les Nations unies vont organiser un déferlement d’actions que nous espérons voir aboutir à la rédaction d’un traité le plus solide possible qui réserve une place centrale à la protection des droits humains », a expliqué Brian Wood.

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