La scène a été complétée par des nappes de pétrole factices s’échappant de bouches d’égout, ainsi que par des barils de pétrole. Des figurant·es et des accessoires étaient également présent·es pour illustrer de manière symbolique et interpréter les conséquences dévastatrices de l’exploitation des énergies fossiles sur les droits humains, notamment le droit à la santé.
« Si ce puits de pétrole est fictif, les conséquences dramatiques de l’exploitation des énergies fossiles sur les droits humains sont, elles, bien réelles, explique Carine Thibaut, directrice de la section belge francophone d’Amnesty International.
« Alors que la crise climatique s’aggrave en Belgique et dans le monde entier, notre dépendance extrême aux énergies fossiles génère une crise des droits humains qui broie chaque jour les droits à la vie, à la santé, à l’eau, à l’alimentation, au logement, etc., de millions de personnes ; une dépendance d’autant plus visible depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. »
Eu égard au positionnement de la Belgique en faveur d’un plan de sortie des énergies fossiles lors de la dernière conférence des Nations unies sur les changements climatiques (COP), Amnesty International appelle le gouvernement fédéral à joindre les actes à la parole en adoptant un plan clair et ambitieux de sortie des énergies fossiles, et ce, afin d’assurer une transition juste dans le respect des droits humains.
« Notre pays reste dépendant à 73 % des énergies fossiles pour son approvisionnement énergétique et finance encore largement cette industrie destructrice, à hauteur de 17,8 milliards d’euros de subventions par an, indique Carine Thibaut.
« Il est essentiel et urgent que nos autorités cessent de soutenir cette façon le secteur des énergies fossiles. Nous les appelons à plutôt rediriger ces milliards d’euros vers le renouvelable, mais aussi vers le soutien aux mesures de diminution de la consommation énergétique. »
Par ailleurs, Amnesty International demande au gouvernement fédéral de participer activement à l’adoption et de la mise en œuvre d’un traité pour la non-prolifération des combustibles fossiles. Un tel traité viserait à interdire l’ouverture de nouveaux projets d’énergies fossiles, à planifier la sortie progressive de la production de ces énergies et à garantir une transition juste et équitable, fondée sur la protection des droits humains et de l’environnement.
Afin de porter toutes ces exigences vis-à-vis des autorités belges, Amnesty International démarre une nouvelle campagne spécifique ce 1er avril. Premier acte de cette campagne, outre l’action de sensibilisation qui s’est tenue au Mont des Arts, le lancement d’une pétition adressée au ministre de la Mobilité, du Climat et de la Transition environnementale, Jean-Luc Crucke.
« Il n’y a plus de temps à perdre. L’heure est à l’action urgente. En tant que pays riche et pollueur historique, la Belgique peut et doit jouer un rôle déterminant. Au vu des conséquences déjà tragiques de la crise climatique et du péril colossal qui pèse sur les droits humains, nous n’accepterons rien de moins qu’un calendrier clair, solide et concret de sortie des énergies fossiles », conclut Carine Thibaut.
Complément d’information
En novembre dernier, Amnesty International a publié un rapport de plus de 150 pages intitulé Extraction Extinction. Pourquoi le cycle de vie des énergies fossiles menace la vie, la nature et les droits humains. L’organisation y démontre que le cycle de vie complet des combustibles fossiles détruit des écosystèmes naturels irremplaçables et porte atteinte aux droits humains, en particulier à ceux des populations attenantes aux infrastructures de ce secteur.
Depuis plusieurs années maintenant, Amnesty International n’a de cesse de répéter que la crise climatique est avant tout une crise des droits humains. L’un de ces droits parmi les plus touchés est le droit à la santé. Les énergies fossiles exposent en effet les populations à des maladies graves, démultipliant les risques d’infections respiratoires, de maladies cardiovasculaires, de cancers, d’asthme et d’autres maladies chroniques. Un quart de la population mondiale vit à moins de cinq kilomètres de l’un des plus de 18 000 sites d’infrastructures exploitant des combustibles fossiles.
En 2019, selon l’Organisation mondiale de la santé, la pollution engendrée par les énergies fossiles a causé environ 6,7 millions de décès prématurés dans le monde, ce qui en fait la deuxième cause principale de maladies cardiovasculaires et respiratoires, et la troisième cause de mortalité.
