UE-OUZBÉKISTAN. Dernier espoir d’établir la vérité sur les homicides d’Andijan

Communiqué de presse du Brureau Européen d’Amnesty International

Bruxelles

Amnesty International a demandé aux ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne (UE), qui s’apprêtent à procéder à l’examen de leurs relations avec l’Ouzbékistan, de suivre à cette occasion une politique claire et cohérente des droits humains. En particulier, les homicides qui ont eu lieu en grand nombre à Andijan en mai 2005 constituent un problème non résolu que l’UE ne peut se permettre d’ignorer. (Voir la lettre à ce sujet sur www.amnesty-eu.org)

Consciente de ce que certains États membres souhaiteraient que l’UE réduise les pressions qu’elle exerce sur l’Ouzbékistan, et qui prennent actuellement la forme de sanctions ciblées, Amnesty International craint que l’Union ne soit tentée de renoncer à sa première exigence, à savoir qu’une enquête internationale indépendante soit menée sur ces homicides - chose qui n’a pas eu lieu pour l’instant.

« Accepter qu’il n’y ait pas d’enquête sur ce qui s’est passé à Andijan serait désastreux de la part de l’UE, a déclaré Nicolas Beger, directeur du Bureau européen d’Amnesty International. Cela reviendrait à faire preuve de faiblesse vis-à-vis de l’Ouzbékistan et compromettrait considérablement la crédibilité de la politique étrangère de l’Union dans son ensemble. »

Il ne faudrait pas non plus que l’UE soit tentée de considérer que le récent « Séminaire sur les médias » organisé en Ouzbékistan témoigne d’un plus grand respect de la liberté d’expression dans le pays. Les représentant d’Amnesty International ayant pris part à cet événement, accueilli en partenariat avec l’UE, ont pu constater à quel point les journalistes étrangers et les journalistes ouzbèkes indépendants n’étaient pas les bienvenus à ce séminaire sur la liberté des médias.

Lors de cette rencontre, les autorités ouzbèkes n’ont reconnu aucune des violations systématiquement commises en matière de liberté d’expression, alors même que de nombreux journalistes et défenseurs des droits humains continuent d’être régulièrement incarcérés et torturés en Ouzbékistan.

« Ce n’est pas le moment de ménager l’Ouzbékistan mais plutôt d’insister de nouveau sur la nécessité que des progrès soient réalisés, a déclaré Nicolas Beger. Il ne faudrait pas que l’Union européenne se laisse trompée par des événements conçus pour donner l’illusion d’une amélioration quand, en fait, rien n’a progressé. »

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