Un affront aux victimes d’armes chimiques

La nomination du Soudan à la vice-présidence du Conseil exécutif de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC), en dépit des éléments crédibles attestant qu’il a utilisé des agents chimiques contre la population dans la région du Djebel Marra (Darfour), est un affront aux victimes, a déclaré Amnesty International vendredi 17 mars 2017.

«  Il est totalement honteux qu’un État accusé d’avoir utilisé des armes chimiques joue aujourd’hui un rôle central dans l’organisation chargée de prévenir les attaques de ce type, a déclaré Michelle Kagari, directrice adjointe du programme Afrique de l’Est, Corne de l’Afrique et Grands Lacs à Amnesty International.

« Au lieu de faire l’objet d’une enquête sur la violation manifeste de l’interdiction des armes chimiques dont il se serait rendu coupable, le Soudan est récompensé par un poste en haut lieu. Cela est non seulement décevant pour les victimes mais s’apparente également à un conflit d’intérêts, dans la mesure où le Soudan est désormais juge et partie.  »

Lors d’une réunion de quatre jours qui s’est tenue à La Haye la semaine du 6 mars 2017, la représentante du Soudan à l’OIAC, Rahma Salih Elobied, a été choisie pour être l’un des quatre vice-présidents du Conseil exécutif d’une organisation dont la vocation est de surveiller le recours aux armes chimiques, après que sa candidature a été présentée par les États membres d’Afrique.

Dans un rapport publié en septembre 2016, Amnesty International a dévoilé des éléments troublants qui attestaient l’utilisation répétée de ce qui semblait être des armes chimiques contre des civils dans la région du Djebel Marra (Darfour), de janvier à août 2016.

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