Un opposant politique, victime d’actes de torture, est privé de soins médicaux

Les autorités éthiopiennes doivent permettre à un politicien de l’opposition qui a perdu connaissance, du fait de blessures résultant d’actes de torture et d’autres formes de mauvais traitements, de recevoir à l’étranger des soins médicaux susceptibles de lui sauver la vie, a déclaré Amnesty International dans une lettre adressée à Hailemariam Desalegn, le Premier ministre éthiopien.

Habtamu Ayalew, l’ancien porte-parole du parti d’opposition Andenet (Unité) a été arrêté le 8 juillet 2014 et accusé de terrorisme pour avoir semble-t-il collaboré avec le mouvement d’opposition Ginbot 7, que le gouvernement éthiopien qualifie de groupe terroriste. Il a été incarcéré dans les tristement célèbres prisons de Maekelawi et Qilinto, où il a été soumis à des actes de torture et à d’autres formes de mauvais traitements. Il a ainsi été privé de toilettes, une situation en raison de laquelle il a développé des hémorroïdes extrêmement douloureuses.

« Habtamu Ayalew est empêché de quitter le pays, parce que le ministère public a fait appel de la décision de la Haute cour, qui a prononcé sa libération. Cet appel est pendant devant la Cour suprême  », a déclaré Haben Fecadu, responsable de campagne pour la Corne de l’Afrique à Amnesty International.

«  Il doit être autorisé à quitter le pays de toute urgence, ne serait-ce que pour des raisons humanitaires, si on souhaite lui sauver la vie. »

Si les hémorroïdes sont faciles à traiter à un stade peu avancé, l’état d’Habtamu Ayalew s’est aggravé après que ses geôliers ont refusé à plusieurs reprises de lui permettre de se faire soigner, et il en est désormais au stade 3, qui requiert une intervention chirurgicale.

«  Les autorités doivent enquêter de manière impartiale et dans les meilleurs délais sur les conditions de détention ayant provoqué une telle dégradation de l’état de santé d’Habtamu Ayalew. Elles doivent par ailleurs poursuivre tout individu qu’on peut raisonnablement soupçonner d’être personnellement responsable de cette infraction et d’autres faits associés », a déclaré Haben Fecadu.

Si la Haute cour a acquitté Habtamu Ayalew et d’autres personnes accusées de charges de terrorisme le 20 septembre 2015, il n’a été relâché que cinq mois plus tard, et son état s’était encore aggravé.

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