Une auteure bahreïnite va être jugée pour une lecture de protestation

Une jeune Bahreïnite pourrait être condamnée, à l’issue d’une audience qui se déroulera devant un tribunal militaire dimanche 12 juin, à une peine d’emprisonnement pour avoir lu en public un poème critiquant le roi du pays.

Ayat al Qarmezi, 20 ans, étudiante et auteure de poésie, a été arrêtée en mars parce qu’elle a lu à haute voix un poème au cours d’un rassemblement en faveur de la réforme dans la capitale, Manama. Elle a été inculpée d’« incitation à la haine du régime » et aurait été torturée en détention.

« Ayat al Qarmezi est jugée uniquement pour avoir exprimé son opinion pacifiquement et ouvertement. Son cas constitue une atteinte sinistre et épouvantable à la liberté d’expression. Les poursuites engagées à son encontre doivent être abandonnées et elle doit être libérée immédiatement, a déclaré Malcolm Smart, directeur du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d’Amnesty International.

« Si elle est déclarée coupable, Ayat al Qarmezi pourrait encourir une longue peine de prison. Si elle est emprisonnée, elle sera la première femme mise sous les verrous à Bahreïn pour avoir exprimé pacifiquement ses opinions. »

Alors qu’elle participait à un rassemblement en faveur de la réforme organisé sur le rond-point de la Perle à Manama en février, Ayat al Qarmezi a lu un poème adressé, a-t-elle précisé, au roi Hamad bin Issa al Khalifa, le chef d’État de Bahreïn.

Ce texte comprenait les vers suivants : « Nous sommes le peuple qui tuera l’humiliation et assassinera la misère / N’entendez-vous pas leurs cris, n’entendez-vous pas leurs hurlements ? »

Elle a été forcée à se présenter aux autorités le 30 mars, après que des policiers portant des masques ont effectué plusieurs descentes chez ses parents et ont, semble-t-il, menacé de tuer ses frères si elle ne se rendait pas.

Elle a été maintenue au secret pendant les 15 premiers jours de sa détention, et depuis, elle n’a pu voir sa famille que deux fois.

Selon une source bien informée avec qui Amnesty International s’est entretenue, Ayat al Qarmezi affirme avoir été battue en détention et torturée au moyen de décharges électriques.

D’après les autorités bahreïnites, au moins 24 personnes, dont deux policiers, ont trouvé la mort dans les troubles et les affrontements entre la police et les manifestants depuis que le mouvement de protestation en faveur de la réforme a commencé en février.

Au moins 500 manifestants ont été arrêtés et quatre sont morts en détention dans des circonstances suspectes. Environ 2 000 personnes ont en outre été renvoyées ou suspendues de leur emploi, vraisemblablement dans le cadre d’une purge visant les participants aux manifestations.

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